Roadtrip dans l’Ouest Américain : itinéraire, conseils et budget

Difficile de résumer l’Ouest Américain en quelques lignes. Des sommets enneigés du parc de Sequoia aux plaines arides de la Vallée de la Mort, en passant par l’animation de Los Angeles ou par les points de vue vertigineux du Grand Canyon, j’ai un millier d’images en tête quand je repense à ce voyage. Je n’avais jamais fait de roadtrip jusque là et le fait que ce soit ma première expérience du genre a sans doute joué dans mon ressenti.

C’est au début de l’automne que j’ai posé le pied à Los Angeles pour un périple de trois semaines sur les routes de la Californie, du Nevada, de l’Arizona et de l’Utah. Si j’avais alors tout mon itinéraire déjà tracé, j’ignorais encore qu’il allait m’emmener aussi loin…



Comment aller à Los Angeles ?

Si vous préparez votre voyage, vous envisagez sans doute d’atterrir à Los Angeles. L.A reste le point d’arrivée le plus évident pour explorer l’Ouest Américain, même si certains lui préfèrent parfois San Francisco. Pour y parvenir, pas de secret, il vous faudra prendre l’avion, à moins que vous ne soyez déjà sur le continent américain. Lors de mes recherches, j’ai constaté avec effarement que bon nombre de compagnies aériennes, des low-costs (Wow Air) aux plus connues (Air France par exemple) listaient le prix de leurs vols transatlantiques sans inclure de bagages en soute. Je pose la question : qui va de Paris à Los Angeles en emportant uniquement un bagage en cabine ? Du coup, les prix affichés dans les comparateurs que j’utilise habituellement étaient un peu faussés…

Jusqu’au jour où un vol avec une escale orchestré par Virgin Atlantic est sorti de nulle part. Il fallait certes d’abord embarquer avec British Airways pour faire escale à Londres Heathrow, puis partir de là avec Virgin jusqu’à Los Angeles, mais le prix était parmi les plus bas pour la saison (aux alentours de 350 euros) et le bagage en soute était compris. Rien que pour ça, je n’ai pas hésité longtemps.

J’ai été très content de mon vol avec les deux compagnies, et en particulier avec Virgin Atlantic, dont les avions sont sans doute les plus modernes dans lesquels j’ai pu m’envoler : musique pop-rock à l’embarquement, lumières de bord aux couleurs arc-en-ciel passant du rose bonbon au bleu nuit, hublots qui s’obscurcissent électroniquement… Une très bonne expérience, que je ne peux que recommander. L’escale à Londres était, elle, un peu pénible, mais c’est le lot de toute escale où on se retrouve bloqué l’espace de quelques heures dans un aéroport… Rien d’insurmontable.

Itinéraire pour trois semaines dans l’ouest américain

Quelles étapes faire au cours de son roadtrip ? La question se pose tant il y a de choses à voir dans l’ouest américain. De mon côté, j’ai presque dès le départ fait un croix sur San Francisco : il m’aurait fallu plusieurs jours supplémentaires pour pouvoir en profiter. Déjà comme ça, je trouve que je suis passé dans certains parcs nationaux en coup de vent (coucou Yosemite). J’ai donc fait une grande boucle de 2 140 kilomètres pour traverser la Californie, le Nevada, l’Utah et l’Arizona.

Comme je l’ai dit, tout à commencé pour moi à Los Angeles et je dois avouer que c’était un point de départ parfait. Pour un amoureux du cinéma tel que moi, la ville était un véritable rêve devenu réalité. J’y ai passé trois jours et, si vous avez le temps, je ne peux que vous conseiller de prolonger votre séjour. Cinq jours semblent parfaits pour profiter au mieux de la ville. De mon côté, je vous renvoie à l’article que j’ai écrit sur la ville pour connaître mon emploi du temps exact sur place. Et n’oubliez pas de planifier votre visite dans un studio de cinéma ! C’est une des rares visites que j’avais réservé avant mon départ.

De Los Angeles, j’ai pris la route en direction du Nord Est pour atteindre le parc national de Sequoia, au pied de la Serra Nevada. Un trajet que j’ai effectué dans l’après-midi, de manière à arriver en début de soirée à mon motel, le Super 8 de Lindsay. Le but était de pouvoir partir le plus tôt possible le lendemain matin pour profiter du parc. Sauf que j’ai dû aller faire un plein d’essence et faire quelques provisions pour mon premier pique-nique, ce qui m’a fait arriver dans les sommets de Sequoia vers midi (note au voyageur : ne pas sous-estimer le temps qu’il faut pour aller de l’entrée d’un parc national aux points d’intérêts dudit parc). L’après-midi a filé à la vitesse de l’éclair, le temps de faire deux balades dans le parc, au pied des arbres géants (note au voyageur : encore une fois, je vous renvoie à l’article et au podcast qui en parle) avant de retourner au motel.

Après une bonne nuit de sommeil, je me suis réveillé avec des crampes d’estomac pour faire la route jusqu’au parc national de Yosemite. Sur le temps du trajet, j’ai heureusement pu un peu récupérer, de manière à arriver à l’hôtel, le Cedar Lodge, en milieu d’après-midi. J’ai voulu entrer en trombe dans le parc pour en faire un premier tour, mais des travaux m’ont bloqué une bonne demi-heure (note au voyageur : partir en basse saison comporte aussi son lot de désagréments). Heureusement, j’ai pu profiter de toute la journée du lendemain pour explorer le parc – ce qui, admettons-le, est bien insuffisant, il faudrait deux à trois jours complets sur place pour tout voir – avant de remonter en voiture vers Mammoth Lakes.

Mammoth Lakes est une station de ski assez prisée, mais ce n’est pas pour ça que j’y allais. Je m’en servais personnellement uniquement comme d’un dortoir pour repartir le lendemain sans perdre de temps vers la Vallée de la Mort. Sur la route, j’ai fait plusieurs haltes : d’abord à Lone Pine pour casser la croûte, et ensuite au Rainbow Canyon, par curiosité. Bien m’en a pris, puisque j’ai ainsi pu voir des avions de chasse le traverser à quelques mètres de moi, l’armée américaine s’en servant comme terrain d’entraînement. J’ai ensuite déposé mes valises au motel de Panamint Spring pour aller finir l’après-midi dans la Death Valley, dans les dunes de Mesquite Sand.

La journée suivante m’a permis de traverser la Vallée de la Mort, un endroit réellement surprenant, et d’y voir les principaux points d’intérêts, avant de partir en fin de journée rejoindre Las Vegas. J’avais prévu deux nuits sur place, histoire d’essayer de profiter de la ville mais aussi et surtout de me poser un peu. Soyons réaliste, pour vraiment me reposer, j’aurais dû prévoir une nuit de plus. En un peu plus d’une journée (il faut compter le soir de mon arrivée et un début de matinée en plus), je n’ai pas eu le temps de voir tout ce que j’aurais voulu, si ce n’est l’essentiel, spectacle du Cirque du Soleil compris. C’est une des autres choses que j’avais réservé à l’avance – si vous espérez voir un spectacle à Vegas, c’est préférable de réserver quelques jours (voir semaines) avant le jour J.

C’est les yeux encore remplis d’étoiles que j’ai quitté Vegas pour faire une halte dans le State Park de la Valley of Fire. Un parc que j’avais hésité à visiter, préférant au départ rester plus longtemps à Las Vegas, mais que je n’ai absolument pas regretté d’avoir vu. Une des plus belles surprises du voyage (note au voyageur : les surprises, ça a du bon), que j’ai eu du mal à quitter pour me rendre à Kanab.

Pourquoi Kanab ? Il n’y a pourtant rien de spécial à voir dans cette petite ville de l’Utah. Par contre, elle se trouve à plus ou moins une heure de route du Zion National Park, de Bryce Canyon ou du Grand Canyon, côté nord. J’ai donc donc passé deux nuits à Kanab, au Parry Lodge, chouette petit motel dans lequel John Wayne – mais aussi d’autres stars de cinéma – aurait dormi. Le premier jour, je suis allé au Zion National Park, le préférant à Bryce Canyon. Ce fut sans doute le parc le plus fréquenté que j’ai visité, et aussi celui qui m’a le plus déçu. Il faut dire qu’il se révèle bien plus aux aventuriers de l’extrême qu’aux familles avec de jeunes enfants.

Le North Rim du Grand Canyon était par contre à la hauteur de mes attentes et j’ai beaucoup aimé la journée que j’y ai passé, malgré le froid polaire qui y régnait. J’y eu droit au retour de la neige, que je n’avais plus vu depuis les hauteurs de Sequoia. C’est donc en mettant le chauffage dans la voiture que je suis reparti de là, cette fois pour aller vers Page, en Arizona. Je n’y suis resté qu’une journée (et qu’une nuit), mais c’est suffisant pour voir Horseshoe Bend et le fabuleux Antelope Canyon. C’est une étape magique, à ne pas manquer ! Ma visite au Lower Antelope Canyon était la dernière des trois réservations que j’avais effectué avant le départ. Comme je le dis dans l’article dédié, c’est obligatoire pour espérer pouvoir y descendre !

Si vous voulez vous promener dans la Glen Canyon Recreation Area ou autour du Lac Powell, il vous faudra peut-être partir assez tard de Page. Pour ma part, j’avais encore pas mal de kilomètres à faire pour ne pas arriver trop tard à Kayenta, où se trouvait mon motel. J’aurais aussi pu loger à Mexican Hat, mais ça me rajoutait inutilement des kilomètres. Dans les deux cas, l’idée est de se trouver à proximité de Monument Valley, sans avoir à payer le plein tarif de l’hôtel qui se trouve au beau milieu.

J’ai découvert Monument Valley sous la pluie et sous les nuages, des conditions inédites pour un décor grandiose. Des paysages qui renvoient encore une fois bien sûr au cinéma, de la Prisonnière du Désert à Forrest Gump en passant par Retour Vers le Futur 3. Le temps n’étant pas au beau fixe et ma voiture n’étant pas un 4×4 (un pré-requis indispensable si vous espérez vous aventurer sans crainte sur la piste de terre qui fait le tour de la vallée), je ne suis resté là qu’une heure ou deux, avant de filer vers le sud.

Descendre de Monument Valley vers le côté Sud du Grand Canyon, c’est traverser un territoire Navajo assez vide et désolé. S’arrêter à Tuba City a été toute une expérience et m’a donné un aperçu de ce que peut être le quotidien des Navajos (le taux de chômage et de suicide est particulièrement élevé au sein de leur population). Je suis arrivé à l’autre versant du Grand Canyon en milieu d’après-midi, juste à temps pour monter à bord d’une des navettes et trouver le bon spot pour profiter d’un coucher de soleil. Est-il nécessaire de faire les côtés Nord et Sud du Grand Canyon ? Bien sûr que non, mais c’était sur ma route. Le voir deux fois n’enlève rien à la magie du lieu, mais si vous avez des choix à faire, vous pouvez largement économiser du temps sur une des deux étapes.

Je suis arrivé à Flagstaff en début de soirée, toujours dans un froid hivernal (Point commun du Grand Canyon et de Flagstaff : on se trouve dans les hauteurs). Le lendemain, je suis parti de là pour rouler sur la Route 66 – qui traverse Flagstaff – et découvrir les tronçons historiques à proximité, qui passaient par les villes de Williams et de Seligman. Un must pour les fans de Cars, même si l’endroit est très touristique (c’est le cas pour bien des arrêts qui marquent la route 66).

J’ai ensuite fait machine arrière pour retourner vers Phoenix. Toute la zone regorge de cactus à trois bras, ce qui en soit valait le détour, mais on trouve aussi là-bas un très chouette jardin botanique. De Flagstaff à Phoenix, je suis passé d’une température proche de 0°C à plus de 25°C à l’ombre. Un changement radical ! Je suis allé à Phoenix pour retrouver des amis mais c’est un détour dont vous pouvez largement faire l’économie. La ville, bâtie en plein désert, n’a pas beaucoup à offrir.

Je n’ai cependant pas eu trop le temps de prendre le soleil, puisqu’il fallait déjà songer à prendre à la direction de l’Ouest pour le grand départ. Après quelques heures de route, je suis arrivé à Twentynines Palms, où se trouvait mon motel. Pour l’anecdote, j’espérais gagner du temps en traversant le Joshua Tree National Park (et voir un beau coucher de soleil au passage), mais l’entrée Sud était fermée pour cause d’inondation.

J’ai donc fait un passage éclair dans le parc de Joshua Tree le lendemain matin, pour le lever du soleil, avant de filer vers Los Angeles, rendre ma voiture et prendre mon avion. Je n’ai eu aucune mauvaise surprise, tant dans le retour du véhicule (j’ai donné les clefs et la personne en face de moi a juste relevé le nombre de kilomètres) qu’à l’aéroport de LAX.

En me relisant, je me rends compte que ce roadtrip a bien souvent pris les traits d’une course contre le temps, pour essayer d’en voir un maximum dans le lapse de temps finalement assez réduit que j’avais à disposition. J’ai souvent dû rouler de nuit, dans l’obscurité la plus totale puisque l’éclairage public est inexistant aux États-Unis une fois sorti des villes, mais j’ai réussi à finir le voyage sans être sur les rotules, preuve que je n’avais pas prévu de faire trop de kilomètres par jour.

La location de la voiture

Qui dit roadtrip, dit voiture, et si vous comptez traverser l’ouest américain sans véhicule motorisé, je vous souhaite bon courage ! Les États-Unis sont plus que jamais le pays de la voiture et il suffit de chercher à se déplacer à Los Angeles pour se rendre compte des distances américaines. Pour choisir votre véhicule, je vous conseille de faire comme pour les vols d’avion et de passer par un comparateur de prix.

Car la location d’une voiture aux États-Unis, ça n’a rien de simple ! D’abord parce qu’il y a de nombreux loueurs inconnus de ce côté-ci de l’Atlantique, mais aussi et surtout parce qu’il faut faire attention aux nombreuses conditions de location : nombres de kilomètres qu’il est possible de parcourir sans payer de supplément, états dans lesquels il est possible de faire rouler le véhicule, sans oublier les assurances…

Les assurances, c’est un chapitre à part entière. Il y en a deux sur lesquels il ne faut pas rogner, la Liability Insurance Supplement qui donne droit à une couverture juridique d’un million de dollars (utile si les victimes d’un accident de la route dans lequel vous êtes impliqué portent plainte contre vous) et la Loss Domage Waiver – ou Collision Damage Waiver – qui couvre les frais de réparation en cas d’accident, de vol ou de dégradations.

Dans mon cas, en utilisant le comparateur Carigami, j’ai facilement pu choisir des locations qui incluaient un kilométrage illimité et les deux assurances que je viens d’évoquer, sans supplément. Une fois à l’aéroport de Los Angeles, je n’ai eu qu’à prendre la navette gratuite du loueur que j’avais choisi – Alamo dans mon cas, mais ils ont tous des navettes – pour arriver jusqu’à leur comptoir et récupérer les clés de la voiture… ou presque. En l’occurrence, il y a bien souvent une file aux comptoirs des loueurs et il faut prendre son mal en patience (et je n’ai pas testé en haute saison !).

Les loueurs essaient bien souvent de vous refiler d’autres services ou assurances complémentaires quand vous vous retrouvez face à eux, vulnérable puisqu’en plein jet lag. Il ne faut pas hésiter à refuser fermement, même si ça peut faire peur. De mon côté, j’étais relativement rassuré de savoir que j’avais de toute façon une assurance en plus du côté de ma carte bancaire (voir plus bas).

Pour le reste, si vous avez plus de 21 ans, votre permis de conduire (le permis de conduire international n’est pas obligatoire dans la majorité des cas) et la carte bancaire qui a servi à la réservation (attention, cette carte doit permettre au loueur de prendre une caution lors de la prise du véhicule), vous devriez être prêts à prendre la route. C’est en tout cas ce que j’ai fait, pas trop rassuré au volant de mon minivan Dodge à transmission automatique qui me coûtait plus ou moins 35 euros par jour. Spoiler : ça se conduit finalement très facilement sur les larges routes américaines !

Où loger ?

Du camping au AirBnB, en passant par les motels qu’on voit dans les films, tout est possible aux États-Unis ! J’ai pour ma part opté pour la dernière option durant la totalité de mon séjour, et je n’aurais donc pas grand chose à vous dire sur le camping, à part qu’on en trouve un peu partout dans l’Ouest américain, y compris dans les parcs nationaux. Il y a les camping publics et ceux gérés par des compagnies privées, il est donc difficile de se retrouver sans rien à la tombée de la nuit.

Au niveau des motels, j’avais réservé ceux de la première partie de mon voyage à l’avance, et j’ai ensuite réservé les autres au fur et à mesure de mon avancée dans mon itinéraire. Au niveau des prix, je n’ai jamais pris ce qu’il y avait de moins cher et je suis donc resté dans une fourchette oscillant entre 50$ et 100$ dollars la nuit. Pour ce prix, les motels étaient relativement qualitatifs et bien placés.

Je dois cependant vous mettre en garde contre les réservations de dernière minute : dans certains endroits, en particulier lorsqu’il s’agit de parcs nationaux, mieux vaut s’y prendre à l’avance ! Il n’y a pas énormément de choix à proximité du Sequoia National Park ou du Yosemite National Park – et je ne parle même pas de la Death Valley. Les logements sur place sont souvent pris d’assaut et il ne faut donc pas s’y prendre la veille, au risque de devoir dormir à une heure de route de l’entrée du parc.

L’avantage avec les motels, c’est qu’on sait à quoi s’attendre. Les chambres étaient quasiment toujours les mêmes, avec le même niveau de propreté (de correct à très correct), les mêmes équipements, les mêmes petits déjeuners ou presque, etc. J’ai essayé les chaînes et les motels indépendants et je n’ai pas vu de grande différence, ni eu de mauvaise surprise.

Mais si je devais remettre la palme du pire hôtel, ce serait à celui de Las Vegas. A Vegas, pour peu qu’on cherche à dormir sur le Strip, non seulement les prix atteignent des sommets mais en plus, le service n’est pas à la hauteur : pas de minibar dans la chambre (alors qu’on est à Vegas quand même !), pas de petit-déjeuner disponible… Mais soit, mettons Las Vegas de côté. L’autre expérience un peu négative que je pourrais développer, c’est celle du motel de Yosemite, le Cedar Lodge. Situé à l’entrée du parc, il jouait de sa situation pour faire grimper les prix et proposer le minimum en termes de service (ni wifi gratuit, ni petit-déjeuner compris dans le prix).

La palme du meilleur motel ? Sans doute celui de La Vallée de la Mort, le Panamint Spring Resort. Certes, il fallait faire avec le bruit de la climatisation, impossible à couper, mais l’hôtel était bien placé, n’abusait pas trop sur les prix et si le wifi gratuit était souvent saturé, il avait le mérite d’exister. J’ai aussi apprécie le Parry Lodge de Kanab, dont le petit déjeuner était un des meilleurs du roadtrip.

Détails pratiques pour voyager aux USA

La première chose à laquelle il faut penser, avant même d’avoir passé la porte d’embarquement, c’est l’ESTA. Il s’agit du VISA touristique nécessaire pour entrer sur le territoire américain et on ne devrait pas vous laisser monter dans l’avion si vous ne l’avez pas obtenu. Une demande s’effectue au plus tard 72 heures avant le voyage et coûte $14 par voyageurs. Il permet de rester un maximum de 90 jours aux États-Unis et reste valable pendant deux ans.

Attention à bien en faire la demande sur le site officiel et pas ailleurs. Il existe en effet d’autres sites peu scrupuleux qui n’hésitent pas à vous demander jusqu’à 70 euros pour vous octroyer le fameux sésame… Bien sûr, une fois l’ESTA obtenu, n’oubliez pas de vous munir d’un passeport en cours de validité pour le voyage.

Les parcs nationaux

Il sera votre meilleur ami si vous voulez visiter les Parcs Nationaux et les Monuments Nationaux : le pass America The Beautiful coûte $80 par voiture et s’achète dans tous les parcs nationaux. A partir de la date d’achat, le pass est valable pendant un an, pour entrer dans autant de parcs nationaux que vous le souhaitez.

À partir de quand est-il amorti ? Le calcul est vite fait : l’entrée dans un parc national coûte de $20 à $35. Si vous avez donc prévu d’explorer plus de trois parcs nationaux durant votre roadtrip, vous devriez l’avoir rentabiliser. Notez quand même que le pass America The Beautiful ne fonctionne que pour les parcs nationaux et pas pour les State Parks tels que la Valley of Fire. Il n’est pas non plus valable dans les parcs gérés par les Amérindiens, à savoir Monument Valley ou Antelope Canyon.

Dès le poste d’entrée des parcs, on vous distribue un plan et une documentation (parfois même en français !) pour vous permettre de vous y retrouver. Si vous avez besoin de plus d’informations, des Rangers sont présents dans les Visitors Centers pour répondre à toutes vos questions.

Smartphone et internet mobile aux USA

Au point de vue forfait mobile, il y a plusieurs options : prendre une SIM à l’avance pour avoir l’esprit tranquille (différents opérateurs proposent de vous envoyer une carte avant votre départ), prendre une carte chez un opérateur américain une fois sur place, ou voir ce qui existe chez son propre opérateur.

Pour mon séjour, j’ai souscrit à un forfait chez RED SFR, avec un résultat plutôt satisfaisant. Pour 15 euros par mois, je disposais de 15Go d’internet mobile utilisable aux USA. En pratique, il y a quelques endroits où je me suis retrouvé sans connexion (dans les parcs nationaux bien sûr, mais aussi dans des villes où il n’y avait juste pas de 4G, comme Page, en Arizona). N’étant pas un grand consommateur, je n’ai pas été au bout de mes 15Go e je pense qu’en étant raisonnable, on peut facilement se limiter à 2Go. Pour ceux qui seraient chez Free, les USA sont aussi compris dans le forfait.

Comme j’utilisais mon smartphone comme GPS, l’internet mobile m’a été très utile pour me repérer sur la route. J’avais également prévu le coup de me retrouver sans connexion, avec une application GPS hors ligne (inutile si le véhicule que vous louez en est équipé). Avec HERE WeGo, j’avais téléchargé les cartes à l’avance et j’ai pu me déplacer sans soucis en l’utilisant. Les cartes à télécharger hors ligne de Google Maps peuvent aussi très bien faire l’affaire. J’insiste : faites le avant de partir ! Si vous vous retrouvez sans connexion 4G au milieu de nulle part et que votre motel n’offre qu’une connexion wifi asthmatique, vous n’allez pas sauter de joie.

Payer en dollars américains

Au niveau cash, qu’est-ce qui est le plus intéressant ? Il y a quelques années, mon premier réflexe aurait été de prendre des dollars via ma banque, mais en 2019, j’ai plutôt comparé les offres des néobanques comme Revolut ou N26. L’offre gratuite de Revolut permet en effet de retirer 200 euros par mois, sans frais, à l’étranger. Je trouvais ça un peu juste et c’est là que j’ai découvert l’offre de MAX. Outre les assurances comprises avec la carte MAX (notamment pour la voiture de location), j’ai eu largement assez avec les plafonds de 2500 euros en paiement et 500 euros de retrait par semaine, le tout sans frais (la conversion se fait au taux Mastercard en vigueur, sans commission).

Pour savoir tout le bien que je pense de l’offre de MAX et de ses avantages (notamment en termes d’assurances voyage), je vous renvoie à l’article que j’ai écrit sur le sujet. Cependant, comme je l’ai précisé, la carte Mastercard n’est pas passée partout aux USA et j’avais heureusement une VISA de la Caisse d’Épargne en backup, avec l’option Internationale à 4 euros activée. Si vous le pouvez, je vous recommande donc d’avoir deux types de cartes bancaires avec vous, ou d’avoir au moins toujours du liquide pour palier les déficiences possibles de votre carte de crédit.

Pour ce qui est du budget, je n’ai abordé ni l’essence à mettre dans la voiture, ni la nourriture. Pour l’essence, même si le prix au litre (ou au gallon, puisque c’est la mesure là-bas) est moins onéreuse qu’en Europe, ce n’est pas négligeable. Comptez environ 20$ par jour, voire plus si vous roulez comme moi en minivan. Ce n’est pas le type de véhicule le plus économique de ce point de vue… Pour la nourriture, les prix sont plus ou moins équivalents à ceux qu’on trouve en Europe, selon les endroits. Il faut compter environ une quinzaine de dollars par jour, par personne (sauf à Las Vegas encore une fois, mais c’est la ville qui veut ça). Surtout, il faut prendre en compte le pourboire.

Je ne clamerais jamais assez mon désamour pour le système des pourboires, mais il faut avouer qu’aux États-Unis, il est suffisamment bien pensé pour éviter les faux pas. Par exemple, il est souvent indiqué sur les tickets différents pourcentages de pourboire afin de bien calculer celui qu’on veut laisser (de 10% à 30%, soyons fous ! la moyenne étant, si on est content du service, de laisser 20% de la note).

On peut économiser sur la nourriture en mangeant dans des fast-foods ou en préparant ses sandwiches, mais dans ce dernier cas, j’ai été un peu déçu de ce que j’ai trouvé à mettre dedans dans de grandes enseignes comme Walmart ou Target. Les USA ne sont ni le pays du fromage, ni celui de la charcuterie (et je ne parle pas des crudités), et les options sont donc vite réduites. J’ai donc réduit mes piques-niques au strict minimum, sauf quand je pouvais acheter des sandwiches tous faits (ce qui était quand même plus économique).

Au total, vol compris, ce voyage de trois semaines aura coûté environ 2000 euros, vol compris. Un budget à doubler si vous partez en couple, évidemment.

One more thing

N’oubliez pas votre adaptateur secteur pour vos appareils électroniques. Outre le format des prises qui n’est pas le même, le voltage est également différent. Du coup, il faut bien vérifier pour chacun d’eux qu’ils peuvent fonctionner de 110V à 220V.

J’avais aussi en permanence deux cubis de six litres d’eau chacun dans le coffre de la voiture, que j’avais acheté près de Sequoia. Si un seul aurait été largement suffisant, je ne peux que vous encourager à toujours avoir une réserve d’eau dans la voiture. Même si on peut toujours se ravitailler aux motels, aux restaurants ou dans les parcs nationaux (il y a régulièrement des fontaines d’eau), vous n’avez pas envie de vous retrouver à sec au beau milieu de la Vallée de la Mort, surtout en été.

Sur la route, prenez bien garde à respecter les limites de vitesse. Il y a bien souvent des voitures de police arrêtées au bord de la route qui arrêtent ceux qui se croient au dessus des lois. Pour le reste, le code de la route est assez proche du nôtre, avec ses petites spécificités : c’est le premier qui arrive à une intersection qui a priorité par exemple. Dans plusieurs états, il est également autorisé de “griller” un feu rouge lorsqu’on veut tourner à droite et que la voie est libre.

Reste la question de savoir quand partir. De mon côté, l’automne n’a pas forcément été un choix conscient, mais ça m’a permis d’éviter les fortes chaleurs de l’été et de ne pas me retrouver bloqué par la neige dans la Sierra Nevada, comme ça peut être le cas en hiver. Partir à l’automne permet aussi d’éviter la haute saison qu’est l’été et ainsi d’éviter le gros des touristes, même si j’étais loin d’être tout seul sur la route… J’ai croisé des Français à pratiquement tous les endroits où j’ai fait halte !

Par contre, l’automne est aussi synonyme de journées plus courtes, et si ça donne droit à des couchers de soleil magnifiques sur des paysages de folie, ça limite aussi le nombre de choses qu’on peut faire en une journée. Tout ceci vaut également pour le printemps, même si j’ai eu l’impression que certains endroits (Yosemite par exemple) devaient être encore plus enchanteurs au mois de mai-juin.

Vous l’aurez compris, j’ai vraiment passé d’incroyables moments sur les routes américaines, au point que je me prends souvent à rêver y retourner. Mes coups de coeur sont nombreux, qu’il s’agisse des villes (j’ai adoré Los Angeles et Las Vegas reste une expérience hors norme) aux grands espaces (la Vallée de la Mort), en passant par une nature étonnamment bien sauvegardée (à Sequoia, à Yosemite) ou à des étrangetés naturelles (Antelope Canyon). Je pense que de tout le voyage, il n’y a que du Zion National Park que je dise du mal. Et à lire les autres articles sur le sujet, j’ai simplement l’impression d’être passé à côté…

Je suis donc convaincu qu’on ne peut pas être déçu d’un roadtrip dans l’ouest américain. Le spectacle est permanent, y compris lors des longues heures passées sur la route durant lesquelles on reste hypnotisé par les paysages, peu importe l’itinéraire, peu importe les petites mésaventures (coucou, l’épidémie de gastro). J’ai en plus eu la chance de voir des animaux un peu partout, du cerf à l’ours brun, en passant par des chipmunks.

Vous partez bientôt ? Bande de veinards, vous allez en prendre plein les yeux.

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