Crupet et la grotte du Diable

Toujours à la recherche de curiosités à découvrir dans mon coin de Belgique, c’est un peu par hasard que je suis tombé sur la grotte du Diable. Située entre Namur et Ciney, dans le petit village de Crupet, celle qu’on appelle aussi la grotte artificielle Saint-Antoine de Padoue (avouez que ça claque un peu moins que « Grotte du Diable » !) est à ranger, je pense, aux côtés de la Tour d’Eben-Ezer (en province de Liège) ou du Palais Idéal du Facteur Cheval (dans la Drôme).

Imaginez un peu : un jour de l’an 1900, le chanoine Jules Gérard, curé de Crupet, se met en tête de convaincre les habitants du village de l’intérêt de bâtir une grotte artificielle en l’honneur de Saint Antoine. Ça leur aura pris trois ans, en y dédiant leur temps libre tous les dimanches. Un projet un peu fou qui coche instantanément toutes mes cases et c’est donc par une belle journée d’été que j’ai mis toute la famille dans la voiture, direction Crupet.

La Grotte du Diable

On ne peut pas traverser Crupet sans la remarquer. Implantée entre l’église et l’ancien presbytère (aujourd’hui occupé par l’Office du Tourisme d’Assesse), la grotte est relativement massive. J’ai lu qu’elle avait eu pour modèle celle de Brive-la-Gaillarde. Je n’y ai jamais mis les pieds, ça pourrait être une bonne raison d’aller faire un tour en Corrèze. Je ne vois pas a priori pas la ressemblance sur les photos, mais il s’agit peut-être de ce qui se trouve à intérieur.

Toujours est-il que la grotte est donc directement ouverte sur la rue, accessible à tous librement. J’ai d’abord été un peu décontenancé par la taille de la construction, en me demandant si je devais commencer directement par le niveau sous-terrain, ou s’il fallait essayer de l’escalader pour arriver au sommet. Les enfants ont choisi pour moi : entrer dans la grotte en elle-même, avec son côté un peu mystérieux.


À l’intérieur, on découvre des statues de plâtre et de fonte qui retracent des épisodes marquants de la vie de Saint Antoine. Un peu désuètes, elles participent grandement à l’aspect kitsch de l’ensemble. En se faufilant au plus profond de la grotte, on accède à un petit escalier qui débouche à l’arrière de la grotte. C’est là qu’on trouve la statue du diable, représentation particulièrement saisissante qui a fait forte impression auprès de mon plus jeune.

Après ce rapide tour de l’intérieur est venu le temps d’explorer la partie supérieure, avec son petit côté aventure. Je ne sais pas si j’aurais autant été impressionné par le lieu si je n’avais pas fait la visite en famille, mais ça a vraiment été l’occasion de découvrir la grotte avec des yeux d’enfant. Comment ne pas s’émerveiller devant la démesure de l’ouvrage : on parle de 300 tonnes de roches provenant des bois environnants, ainsi que de plus de 30 tonnes de ciment pour façonner l’ensemble ! Rien que la statue du diable pèse à elle seule 700 kg.

La visite est malgré tout assez rapide, et après en avoir fait le tour trois fois, il était temps de passer à la suite du programme.

Un petit tour dans Crupet

Après la grotte, j’avais repéré une boucle de 3,1 km permettant de faire le tour du village, considéré comme l’un des plus beaux de Wallonie. Cette courte randonnée devait nous permettre de voir l’essentiel de Crupet : le donjon médiéval Carondelet, l’église Saint-Martin et les anciens moulins qui témoignent de l’histoire du village. J’ai pu récupérer un plan à l’office de tourisme, juste derrière la grotte, avant de partir (il y a des toilettes aussi, intéressant à savoir si vous partez faire l’une des autres randonnées possibles dans la région).

L’église en elle-même ne m’a pas particulièrement marqué, mais elle était fermée et je n’ai pas eu la possibilité d’aller voir à l’intérieur. La balade suit la route, qui n’est heureusement pas trop fréquentée, avant de prendre des rues plus à l’écart de la circulation. J’avais lu que Crupet abritait autrefois de multiples fabriques, moulins, huileries ou papeteries qui se structuraient le long des ruisseaux, mais il n’en reste aujourd’hui que très peu de traces. La plupart de ces bâtiments ont depuis été transformés en maisons d’habitation, voire en hôtel (le bien nommé Moulin des Ramiers, qui est donc un ancien moulin à papier).


Il faut donc une bonne dose d’imagination pour se représenter l’industrie de l’époque. Heureusement, la promenade est sympathique. On passe à côté de la Chapelle Saint-Roche, une mignonne petite chapelle datant de 1869, avant d’arriver en vue du Donjon Cardondelet, impressionnante tour médiévale qu’on estime bâtie au 13e siècle.

C’est MA déception de Crupet. Cette maison forte a l’air incroyable, récemment rénovée, et j’aurais adoré la visiter. Malheureusement, il s’agit d’une propriété privée et aucune visite n’est possible… à moins de louer les lieux pour un mariage, une réunion ou pour une exposition. On est en donc réduit à faire le tour de cette robuste construction carrée à laquelle vient s’ajouter une tour d’angle ronde, sans jamais pouvoir en franchir les douves.

Notez que c’est du parking qu’on a la meilleure vue sur le donjon. C’est donc après lui avoir jeté un dernier regard que nous sommes repartis de Crupet, qui nous a quand même offert une belle après-midi sur place, avec une atmosphère qui a oscillé entre le mystique et le bucolique.

Au cours de la balade, nous aurions pu faire un détour dans les bois pour grimper la colline du Sacré Cœur. Elle offre un autre point de vue sur le village, mais il paraît qu’il est surtout intéressant en automne ou en hiver, lorsque les arbres ont perdu leur feuillage. Peut-être à faire une autre fois, le village étant le point de départ de treize autres promenades au cœur du Condroz.

Informations pratiques

Grottes Saint-Antoine de Padoue
7 rue Haute – 5332 Crupet
Parking gratuit sur place, juste en face de la grotte, derrière le café-restaurant le Pachis.
Office de Tourisme (situé derrière la grotte)

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