Citytrip à Rotterdam

A l’opposé de sa grande sœur Amsterdam, Rotterdam est une ville souvent boudée par les touristes, qui lui prêtent une réputation de ville grise, ennuyeuse. Cet a priori a la vie dure, alors qu’en pratique, il s’agit d’une destination qui a beaucoup à offrir. Si j’avais depuis longtemps entendu parlé de Rotterdam pour son histoire – la ville a été presque entièrement rasée par les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale, pour être reconstruite de manière pour le moins avant-gardiste – je n’avais jamais eu aucune excuse pour m’y rendre.

C’est à l’occasion d’un citytrip avec mon amie qui préfère garder l’anonymat et qui prendra donc les traits de Shirley Manson à l’occasion de cette chronique, que nous avons pris la route de la deuxième ville des Pays-Bas. Pour commencer, précisons tout de suite que la ville ne ressemble en rien à Amsterdam. Pas de maisons typiques, les charmantes ruelles pavées sont rares et les activités portuaires y sont bien plus importantes. Mais alors, est-ce que dans le port de Rotterdam, il y a aussi des marins qui chantent ?

La New York du Nord

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Une des premières choses que l’on cherche à Rotterdam, que ce soit lorsqu’on y arrive par la route ou plus tard, sur les bords de la Meuse, c’est le pont Erasme. Véritable symbole de la ville, c’est aussi lui qui donne le ton et pose le décors du séjour. L’architecture de la ville est résolument moderne et revisitée sans cesse depuis vingt ans avec audace. C’est probablement la raison pour laquelle, une fois entourés par ces grands buildings un peu atypiques, on a la vive impression d’être au milieu d’une grande ville américaine (on ne l’appelle pas Manhattan-on-the-Maas pour rien). Chaque immeuble semble vouloir se distinguer de son voisin et apporter son grain de folie à la silhouette de la ville.

Après avoir lâché notre voiture et fait usage du métro, Shirley et moi débarquons en plein centre-ville pour déambuler dans les rues. Les grandes artères se succèdent de façon géométrique et lorsque nous ne levons pas les yeux en l’air pour dévisager les immeubles, c’est pour jeter un œil aux boutiques ou pour éviter de nous faire renverser par un vélo en traversant à un passage piéton.

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Ville maritime, Rotterdam ne se résume pas à ses containers et à son port marchand. Elle est sillonnée de canaux et de petits ports de plaisances, où s’échouent péniches et autres coques de bois. Mieux, les autorités ont eu la bonne idée d’exposer son patrimoine en pleine ville, le long d’un canal, au Havenmuseum. C’est par hasard que nous tombons sur le musée portuaire, ouvert à tous les vents entre 10h et 17h et parfaitement gratuit. Nous errons entre les bateaux phares, les péniches, navires de l’armée et autres bateaux de pêche, le tout dans un calme impressionnant alors que le trafic nous est caché par les bâtiments environnants.

L’architecture, façon Jackie Chan ?!

Notre promenade se poursuit à la sortie des limites du musée, toujours le long du même canal. Shirley a sa petite idée : elle veut m’emmener dans le quartier du vieux port (Oudehaven). Témoin du passé, ce quartier rassemble différents styles architecturaux, à découvrir à la terrasse d’un café.

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Avant de venir à Rotterdam, quelques recherches nous avaient révélé que ce quartier était aussi un des lieux de tournage les plus connus de Jackie Chan. Celui-ci y a notamment réalisé ce que les fans appelent “la cascade la plus dangereuse du monde”, une chute vertigineuse contre la paroi inclinée d’un immeuble de 21 étages. Vous pouvez la voir dans le film Who Am I ?. Si vous avez vu le film, vous remarquerez que la ville prend une grande place dans l’histoire, manifestement parce qu’elle aurait fortement inspiré l’acteur casse-cou.

On retrouve ainsi par exemple les fameuses maisons cubiques, autre symbole de Rotterdam que Jackie Chan ne pouvait pas rater. Une véritable curiosité : 38 cubes inclinés à 45°, agencés de manière à ce que chacun forme une habitation privée. L’un d’eux est même accessible au public, servant de musée afin que chacun se rende compte de l’aménagement nécessaire pour pouvoir l’utiliser en tant que maison classique.

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Un peu plus loin, un énorme marché couvert est en construction et les plans promettent un autre édifice hors norme. Preuve que la ville, loin de se reposer sur ses acquis, se réinvente constamment avec pour objectif principal le bien être de ses habitants.

Se mettre au vert

Puisqu’on parle de bien être, Rotterdam n’est pas seulement faite de béton et de canaux, elle compte aussi quelques espaces verts qui viennent oxygéner la ville. Par exemple, le Het Park, gigantesque ilot de verdure dans lequel se creusent deux étangs. A la belle saison, les jardins sont couverts de fleurs (à la hollandaise) et les arbres forment de véritables forêts.

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Mais l’architecture n’est jamais loin à Rotterdam. Dans un des coins du parc, on trouve notamment la Noorse Zeemanskerk, une église norvégienne construite entièrement en bois. Malheureusement, un mariage était célébré à l’intérieur et il nous fut impossible d’y rentrer admirer l’intérieur.
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Mais surtout, c’est la tour Euromast qui attire tous les regards, et pour cause, c’est la plus haute tour de la ville. On la voit de très loin, et elle propose notamment un restaurant et un vue panoramique, à plus de 185 mètres au dessus du port. Les plus audacieux pourront même la descendre en rappel ! Quelques touristes faisaient la file mais nous avons préféré faire l’impasse, le soleil brillant dans le ciel, pour nous promener calmement dans le parc.

Manger un morceau ?

J’aurais beaucoup de mal à vous parler de gastronomie concernant Rotterdam. Shirley et moi avons passé deux jours à chercher un restaurant dans les rues de la ville portuaire, sans aucun succès. Alors bien sûr, Shirley a des goûts bien particuliers et n’accepte pas de rentrer dans n’importe quel restaurant, mais il faut avouer que les propositions en ville n’étaient pas si nombreuses. Hormis un grill ou un italien, pas grand chose à se mettre sous la dent.

Évidemment, nous nous étions mis à la recherche du meilleur hamburger de la ville, et nous étions tombés sur le Burger Trut. Mais le côté un peu trop végétarien et alternatif de l’enseigne a finalement rebuté Shirley et c’est à notre hôtel que nous aurons en bout de course manger un bon burger, même si ce n’était pas un des meilleurs du monde.

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Plus typiques des Pays-Bas, nous nous sommes rués sur les poffertjes du salon de thé Seth, un endroit où il faut bon déguster les traditions. Pour rappel, les poffertjes sont de toutes petites crêpes sur lesquelles on met habituellement un bon morceau de beurre et beaucoup de sucre en poudre. Pour les plus gourmands, on peut même y ajouter de la crème fouettée et des fraises. Ce n’est vraiment pas diététique (la quantité de beurre qu’ils mettent là-dessus…) mais je me prosterne devant vous si vous réussissez à y résister.

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Tant que nous étions du côté du Het Park, nous nous sommes aussi arrêtés au mini-golf du coin (note au voyageur : les expériences gastronomiques ont parfois lieu dans les endroits les plus inattendus), qui proposait forcément son lot de poffertjes et de pancakes sucrés / salés. Encore une fois, pas les meilleurs du monde, mais des assiettes bien faites et bien remplies.

Y aller, y dormir

Si vous allez comme nous jusqu’à Rotterdam en voiture, ce sera à vos risques et périls. Comme à Amsterdam, et même généralement aux Pays-Bas, on peut assez facilement circuler au sein de l’agglomération mais s’y garer relève de la gageure. Le stationnement se négocie à vil prix et il est plus facile de s’en remettre aux transports en commun, à un vélo ou même à ses propres jambes.

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Néanmoins, sans voiture, nous aurions eu quelques difficultés pour nous rendre jusqu’à notre hôtel (le SS Rotterdam, je le rappelle). Nous en avons profité pour aussi faire un tour sur l’île voisine, sur laquelle se trouvait un autre hôtel un peu particulier, le New York Hotel. Rien à voir avec celui de Las Vegas mais particulier tout de même puisqu’il s’agit du bâtiment qui fut le siège de la Holland America Line, compagnie maritime qui transportait, jusqu’en 1971, les européens désirant immigrer aux USA. Une ambiance unique règne à l’intérieur… Peut-être une adresse intéressante pour un deuxième séjour dans la ville ?

Au terme de ce week-end bien rempli, Shirley et moi avons repris la voiture pour repasser le pont Erasme. Rotterdam m’a laissé une très bonne première impression, et je suis sûr que je trouverais encore d’autres choses à y faire si un nouveau citytrip y guidait mes pas. Nous avons à peine effleuré le panel de musées qu’offre la ville et je suis sûr qu’une fois que je saurais où y manger, ce sera encore bien mieux (j’ai entendu parlé en bien du Hamburg). Et vous, avez-vous été surpris par Rotterdam ?

2 Replies to “Citytrip à Rotterdam”

  1. Salut. Une ville, ce sont des maisons mais aussi des gens. Rotterdam est une ville atypique et tu aurais beaucoup gagné à parler avec des gens qui vivent à Rotterdam à propos du quotidien des personnes qui habitent dans ces habitations que tu décris (pas mal d’ailleurs). Ce que je préfère quand je voyage c’est de confronter ma vision instantanée de la ville que je traverse avec les yeux de ceux qui y vivent toute l’année. Le décalage est surprenant, presque vertigineux.

    1. Salut Laurent, je suis complètement d’accord avec toi au point de vue philosophie : un lieu, ce n’est pas que des murs, c’est aussi (et principalement) ceux qui y vivent. Pour Rotterdam, le contexte de mon séjour était un peu particulier et je n’ai pas eu l’occasion d’interagir beaucoup avec les habitants. Mais je compte bien y retourner, corriger ce manque.

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