Visiter Tokyo à l’Hanami – Partir Un Jour #18

Aller à Tokyo au printemps, et plus particulièrement à la fin mars – début avril, c’est avoir la chance de découvrir la ville décorée aux couleurs des Sakuras, les fleurs de cerisiers japonais. Les rues et les magasins sont agrémentés de décorations en tous genres tandis que les cafés et pâtisseries ne manquent pas une occasion de vous proposer leur dernière création au rose acidulé. Où qu’on aille, du Starbuck qui surplombe le carrefour de Shibuya à l’iconique Yakitori Alley, on ne peut pas échapper à l’ambiance de l’Hanami.

Le Hanami, c’est d’abord une fête pour les Japonais, qui consiste principalement à aller admirer la beauté des fleurs. A cette période, à Tokyo, il n’est pas rare de voir les parcs totalement envahis par les familles venues profiter des cerisiers en fleurs et se mettre à pique-niquer, discuter, voire chanter sous les arbres. Si le phénomène est à son paroxysme le week-end, les parcs sont également bien fréquentés en pleine semaine, autant par un public jeune que par des personnes plus âgées. C’est donc un phénomène à côté duquel il est difficile de passer.

Au cours de mon périple au Japon, j’ai eu la chance de voir bourgeonner les cerisiers à Kyoto avant de pleinement les admirer à Tokyo. Mon séjour sur place ne s’est pas limité à l’Hanami, puisque j’en ai aussi profité pour découvrir les principaux quartiers de la ville, et c’est ce dont nous vous parlons dans le dix-huitième épisode de Partir Un Jour. Partir Un Jour, c’est le podcast voyage que je co-anime avec Aurélie, du blog Sauts de Puce. Envie d’en savoir plus sur Tokyo, ses temples, ses parcs et ses grands buildings aux enseignes lumineuses ? Ouvrez grand vos oreilles.

Partir Un Jour

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Dès mon premier soir à Tokyo, alors en plein jetlag, j’ai compris que les sakuras occuperaient une place non-négligeable de mon séjour dans la plus grande ville du monde. A quelques mètres à peine du ryokan dans lequel je dormais, un magnifique cerisier déjà en fleur trônait au milieu des habitations, seulement éclairé par un lampadaire et quelques lanternes traditionnelles. Plus que le voyage en avion, c’est cette image qui m’a transporté au Japon.

Au départ, pour vivre l’Hanami comme le font la plupart des Tokyoïtes, j’avais prévu d’aller au parc d’Ueno, l’un des plus populaires de Tokyo. Une mauvaise idée ? Alors que le coronavirus progressait lentement dans l’archipel, la gouverneure de Tokyo déconseillait d’aller se masser dans les parcs, comme c’était habituellement la tradition. Je voyais bien ce dont elle voulait parler. J’étais passé par le Parc Yoyogi deux semaines plus tôt, lorsqu’il n’y avait encore aucune sakura à admirer, et nombreux étaient déjà les Japonais à s’y être réfugiés pour profiter du beau temps.

J’ai donc décidé de délaisser ces deux parcs pour me mettre à la recherche d’alternatives où la foule serait peut-être moins présente.

Le parc de Shinjuku Gyoen

La première fut le parc de Shinjuku Gyoen, l’ancien jardin impérial. A l’extrême opposé de l’animation du quartier dans lequel il se trouve, j’espérais trouver un peu de calme au milieu de ses arbres. Je ne m’attendais pas à y être seul, puisque qu’il figure lui aussi parmi les spots bien connus pour se promener sous les cerisiers, mais le Shinjuku Gyoen a un avantage sur les parcs d’Ueno et de Yoyogi : son entrée est payante ! Je ne vois pas souvent ça comme un avantage, mais ici, ça permettait de restreindre le nombre de visiteurs, au moins en théorie.

Le ticket d’entrée s’élève à un peu moins de cinq euros par adulte, ce que j’ignorais en arrivant devant ses grilles. Je n’ai cependant pas hésité longtemps et je ne l’ai pas regretté. A peine avais-je pénétré à l’intérieur que de grandes allées encadrées d’arbres aux fleurs blanches ou rosées se présentaient devant moi. Et je n’étais même pas encore dans la partie dédiée aux cerisiers japonais ! Il faut savoir que le Shinjuku Gyoen s’étend sur près de 60 hectares et on y retrouve autant un jardin de style japonais qu’un autre de style français. Les différentes zones se côtoient sans réelles délimitations et j’étais bien content de tomber sur des plans à intervalle régulier pour m’y retrouver.

J’ai débuté mon exploration par l’espace famille, où on peut en apprendre un peu plus sur la faune et la flore locale. Je dois avouer que c’est la zone qui m’a le moins plu, tout simplement parce que je ne faisais pas partie du public visé. Je pense aussi que la zone était en train d’être partiellement réaménagée avec le printemps, ce qui ne la mettait pas en valeur. J’ai enchaîné avec le jardin japonais, que j’ai trouvé bien plus plaisant. Avec ses étangs, ses ponts et ses kiosques aux toits japonais, l’endroit rencontrait son petit succès. On pouvait y observer des pommiers en fleurs, ça change un peu des cerisiers.


Mais vu que c’est pour ceux-ci qu’on se déplace à l’Hanami, j’ai fini par me diriger vers la zone qui leur est dédiée (note au voyageur : toujours garder le meilleur pour la fin). L’après-midi avançant, de plus en plus de familles ont peu à peu peuplé le parc, créant parfois de véritables attroupements autour des cerisiers. D’autres profitaient de la pelouse, aussi bien entretenue que celle d’un terrain de golf, pour s’étendre et profiter du soleil.


Les cerisiers, eux, étaient à la hauteur de mes attentes, leurs fleurs offrant un contraste saisissant avec les buildings de la ville, dépassant la cime des arbres. Le tout donne au parc de Shinjuku un faux air de Central Park, ce qui n’est pas désagréable. Mais si vous voulez vraiment en profiter, sans la foule, privilégiez vraiment le matin.

Le cimetière Yanaka

Si vous suivez régulièrement mon blog, vous savez l’amour que je porte aux cimetières en temps que lieu de promenade. Que ce soit en Irlande, au Québec ou en Suède, j’ai rarement été déçu (ok, peut-être à La Havane). Inutile de dire que j’avais forcément prévu d’aller en voir un au Japon. En m’y intéressant de plus près, j’ai vite compris qu’il y en avait un à Tokyo qui était littéralement peuplé de cerisiers : le cimetière Yanaka.

Encore une fois, c’est loin d’être un spot confidentiel. Son allée principale est surnommée “l’avenue des cerisiers en fleurs”, c’est tout dire. De nombreux Japonais y passent donc, même des groupes d’enfants. Il faut dire que le cimetière dispose d’une plaine de jeux. Il a même son propre poste de police, même si celui-ci prend en fait la forme d’une minuscule guérite. Si le cimetière reste un lieu de recueillement au Japon, on n’hésite donc pas à y faire entrer un peu de vie.

Je me suis vite rendu compte que c’est tout le monde faisait le déplacement pour son allée centrale bordée de nombreux cerisiers. De fait, je n’ai pas hésité une seconde à sortir mon appareil photo, puisque même les Japonais y venaient pour ça. J’ai ensuite déambulé un peu à l’écart, pour me retrouver tout seul entre les tombes et les cerisiers, la majorité des passants s’en tenant à l’allée centrale. Le vent aidant, je me suis retrouvé au milieu de véritables tempêtes de pétales roses. De là à dire que les esprits essayaient de me faire passer un message…

C’est en tout cas un très bonne alternative aux parcs traditionnels. Le lieu est globalement moins fréquenté vu que les gens ne font que passer (personne ne va s’arrêter pour faire un pique-nique). J’ai certes été un peu déçu par les sépultures, qui manquaient un peu de fantaisie à mon goût, mais qui étaient finalement assez raccord avec le traditionalisme japonais. Il y a par contre la tombe du dernier shogun, Tokugawa Yoshinobu, qu’on peut observer au travers des grilles qui la protègent.

Ce n’est donc pas le cimetière le plus insolite du monde, mais pour profiter des cerisiers et observer les tombes avec la tour Tokyo Skytree en arrière plan (la plus haute du Japon), c’est un bon plan.

Et partout ailleurs

Ils y avaient également de nombreux endroits dans lesquels étaient accrochées des sakuras ou des branches de cerisiers pour souligner l’événement. Je soupçonne fortement que celles qui décoraient la Yakitori Alley, cette ruelle typique dans laquelle on trouve de mini-restaurants proposant tous des yakitoris à leur menu, étaient en plastique. C’est d’ailleurs le seul endroit où les restaurants ne proposaient rien aux couleurs des cerises. Notez que les menus étant le plus souvent en japonais ou sommairement traduit, je suis peut-être passé à côté…

Monter au sommet (ou à l’étage intermédiaire) de la Tokyo Tower révèle aussi son lot de surprises. Au plus fort de l’Hanami, prendre un peu de hauteur permet d’embrasser la ville d’un regard et de la voir envahie de-ci de-là par de véritables vagues roses. Il y avait là aussi des branches de cerisier au quatre coins de la tour et impossible de dire si c’était des vraies, changées chaque jour, ou là encore de simples décorations de plastique. C’est cependant à la nuit tombée que j’ai été le plus impressionné. Lorsque le soleil se couche sur Tokyo, un spectacle son et lumière est projeté sur les vitres de l’étage principal de la Tokyo Tower, soufflant des feuilles roses au dessus de la ville. A ne pas manquer si vous grimpez jusque-là.

Enfin, les temples autour desquels on trouve des cerisiers prennent évidemment une toute autre couleur autour de l’Hanami. Je pense notamment au Temple Zojoji qui offre un point de vue tout en contraste sur la Tokyo Tower. J’aurais aimé vous parler de mes temples favoris, le Senjo-ji ou le Meiji-Jingu, mais il était encore trop tôt question fleuraison lors de ma visite, et j’ignore ce qu’il en est. Si vous savez si c’est les sakuras sont aussi présentes pour les mettre en valeur, n’hésitez pas à me le dire en commentaires !

Zojoji Temple

Est-ce que je conseille la période de l’Hanami pour découvrir Tokyo (et le Japon de manière générale) ? Définitivement ! L’ambiance est unique et pouvoir vivre cet aspect de la vie japonaise permet d’appréhender différemment la culture nippone. Si en plus vous aimez les fleurs… Pour ma part, la prochaine fois que je retournerai à Tokyo, ce sera certainement au moment de l’automne… Il paraît les couleurs que prennent les érables sont magnifiques.

J’espère que vous avez apprécié ce dix-huitième épisode de Partir Un Jour. Si c’est le cas, je vous invite à vous y abonner sur Apple Podcasts, Spotify, ou via flux RSS si vous êtes sur Android. Rendez-vous très bientôt pour un prochain épisode sur les excursions à faire au départ de Tokyo !

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