Sur les plages de Cuba

Avant d’aller à Cuba, j’ignorais complètement à quel point ses plages étaient réputées. Quand on évoquait Cuba, j’avais d’abord en tête les grandes figures de la Révolution, de Che Guevarra à Fidel Castro, puis les vieilles voitures américaines, et enfin peut-être les cigares ou encore le rhum. Pourtant, le fait que l’île se trouve au beau milieu des Caraïbes aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Inutile d’en dire plus, vous aurez compris que je ne suis pas du genre à passer mes journées à prendre le soleil, allongé sur le sable. Pourtant, j’ai quand même consacré deux jours de mes trois semaines à Cuba à me prélasser sur ses plages.

On trouve de tout au niveau des plages à Cuba, mais ce qu’on s’imagine le plus facilement, c’est un ruban de sable ininterrompu de 20 kilomètres donnant accès à une mer émeraude. C’est la description qu’on fait volontiers de Varadero, la plus grande station balnéaire des Caraïbes. Mais Varadero, c’est aussi toute une série de grands hôtels hyper-touristiques, au point que le cadre n’a plus grand chose de cubain. Si j’ai hésité à m’y rendre à la fin de mon séjour, j’ai finalement renoncé, le coût de ma curiosité s’avérant un peu élevé (tant au niveau du trajet en bus que des casas particulares sur place). Je peux par contre vous parler de deux autres plages pour vous donner une idée de ce à quoi vous attendre.

Cayo Levisa

Je savais que j’avais envie de fouler la plage de Cayo Levisa avant même de monter dans l’avion, simplement sur base des descriptions que j’en avais lu. Il faut aussi dire qu’elle se trouvait facilement accessible depuis Viñales, où j’avais prévu de passer quelques jours. Les cayos sont de petites îles, principalement composées de sable et de corail.

Dès mon arrivée à Viñales, j’ai donc pris la direction du bureau de l’agence de voyage Cubanacan pour y réserver mon excursion. J’avais le choix entre une journée à Cayo Jutia ou une journée à Cayo Levisa et s’il paraît que la première vaut aussi le coup d’œil, je suis resté sur mon idée de départ et ai acheté mon ticket pour Cayo Levisa, les moustiques ayant pour réputation d’y être moins présents. Il faut compter environ 30 CUC par personne pour le trajet et un sandwich à midi (c’est un peu plus cher si on veut avoir droit à un vrai buffet).

Depuis Viñales, le trajet se fait en bus, avec un départ à 8 heures. Le temps ne passant pas de la même façon à Cuba, mon bus n’a finalement quitté le village que peu avant 9 heures, pour une petite heure de route. Mais le bus n’est que la première étape qui prend la forme d’un quai. Il reste encore à traverser le bras de mer qui le sépare de la Cayo. A bord du bac qui fait la traversée, il n’y a que des touristes. Ceux qui ont, comme moi, réservé l’excursion avec Cubanacan, mais aussi ceux qui sont arrivés au quai par leurs propres moyens (en taxi ou en voiture de location). En tout, il aura fallu près de 2 heures pour aller de Viñales au ponton de Cayo Levisa.

Le ponton de bois de l’île n’est pas très accueillant mais cache bien son jeu. Il mène au complexe hôtelier de l’île, qui comprend notamment un bar et un restaurant. L’endroit est quasiment désert. On nous offre un rafraîchissement dès notre arrivée avant de nous donner accès à la plage, à peine quelques mètres plus loin. LA plage de sable fin, un sable d’un blanc incandescent, avec ses transats et ses parasols en bois et en feuilles de palmiers. La plage qu’on nous vend en couverture des magazines de voyage ? Elle existe.




Les touristes qui étaient sur le bateau se répartissent rapidement les transats (il y en a pour tout le monde) et la farniente commence. Ceux qui sont pressés se jettent à l’eau sans attendre. Il faut dire que la mer des Caraïbes invite à la baignade. La traversée en bac la laissait deviner au loin, mais ici, elle est transparente, d’un bleu intense et lumineux… au moins sur les premiers mètres, après il y a quelques algues qui l’obscurcissent tout de même. A peine plus fraîche que l’air, on y entre sans effort.

Curieux d’observer les fonds marins, je loue un masque et un tuba auprès des sauveteurs de la plage (5 CUC par personne) pour m’adonner au snorkeling. Globalement, je le déconseille : il y a peu de poissons en bord de plage et il faudrait vraiment s’éloigner pour voir le véritable spectacle. Il est par exemple possible de partir en bateau depuis la Cayo vers le large, mais c’est forcément un coût supplémentaire.

Pour quelqu’un qui, comme moi, était dubitatif à l’idée de passer toute une journée sur une plage, j’ai été bien surpris de ne pas voir le temps passer. Les quelques heures à faire trempette et à profiter du calme sur mon transat se sont écoulées tel quelques grains de sable dans un sablier et il m’a fallu prendre le chemin du retour en jalousant les chanceux qui allaient passer la nuit sur place.

Vous l’aurez compris, Cayo Levisa restera sans aucun doute un de mes coups de cœur à Cuba.

Rancho Luna

Après plus de deux semaines passées sur le sol cubain, alors que la fin de mon séjour approchait, j’ai eu envie de renouveler l’expérience de la plage. N’ayant pas trouvé mon bonheur à Santiago de Cuba, j’avais atterri à Cienfuegos où l’office de tourisme Infotur m’avait recommandé d’aller faire un tour à la plage, toute proche, de Rancho Luna. J’ai réservé un taxi pour m’y rendre dès le lendemain auprès d’Infotur, au prix de 20 CUC l’aller-retour, et l’affaire était pesée.

A moins d’une demi-heure de route de Cienfuegos, Rancho Luna est un petit hameau dans lequel on passerait sans s’arrêter s’il n’y avait la plage. Avec son parking, son restaurant de bord de mer et son poste de police, on peut pas vraiment dire qu’il y ait autre chose pour attirer le chaland. Mais la plage se suffit à elle-même, au point qu’elle est déjà noire de monde lorsque j’arrive sur place, alors qu’il n’est même pas 10h du matin.

Si j’ai bien vu un hôtel un peu plus loin qui doit accueillir son lot de touristes, ce ne sont pas ces derniers qui fréquentent prioritairement la plage de Rancho Luna mais bien des Cubains, en famille, et les cris des enfants égayent joyeusement les lieux.

La plage est une longue plage de sable assez compact, pas vraiment comparable au sable blanc et fin foulé à Cayo Levisa. Par contre, on y retrouve les mêmes parasols en bois et en feuilles de palmier, peut-être même en plus grand nombre. Le calme n’est pas au rendez-vous puisqu’un fou diffuse de la musique à fond sur des haut-parleurs et il faut s’éloigner un peu pour ne pas devenir sourd.

En soi, la plage n’est pas non plus très propre. On y trouve des coques de fruits de la taille de noix, quelques emballages… Au fil de la journée, elle va continuer à se couvrir des déchets de ce que les Cubains auront achetés aux vendeurs locaux : emballages de nourriture, os de poulet, canettes ou bouteilles, gobelets en plastique… Il n’y a aucune poubelle sur la plage et l’usage semble être de tout laisser par terre. Ou dans l’eau ! La mer paraît être pour les Cubains une extension naturelle de la plage et ils y vont en maillots ou tout habillés pour y boire, y manger, ou s’y installer en famille sous un parasol ou un parapluie.

Pas étonnant puisque l’eau est bien chaude et si cette plage a un avantage sur Cayo Levisa, c’est qu’il est encore plus facile d’y plonger. La mer émeraude est d’ailleurs tout aussi belle et transparente, même si elle subit la même pollution que la plage. J’ai depuis lu qu’il était possible de faire de la plongée à Rancho Luna mais parmi les nombreux endroits où c’est le cas à Cuba, ce n’est sans doute pas celui que je conseillerai en premier.

Coquillages ou crustacés ?

Cayo Levisa et Rancho Luna sont deux plages qui se distinguent donc principalement par leur fréquentation. Cayo Levisa, comme bien d’autres plages à Cuba, comme Cayo Coco ou Cayo Santa Maria, sont quasiment réservées aux touristes et tout est fait pour que ceux-ci y passent quelques heures mémorables. Ce n’est absolument pas la philosophie qui règne à Rancho Luna et c’est sans doute tant mieux ainsi.

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Dans les deux cas, je suis rentré content de ma journée, pour des raisons certes très différentes. J’aurais eu l’impression de passer une journée au paradis en allant à Cayo Levisa et j’aurais vécu une journée typique au milieu des Cubains à Rancho Luna. Entre une plage accessible aux gens qui habitent à proximité et une plage comme Cayo Levisa réservée à quelques élus, il faut juste savoir à quoi s’attendre pour ne pas être déçu.

Enfin, si vous allez vous balader en bord de mer à Cuba, n’oubliez pas d’en profiter pour manger de la langouste, ce qui est possible un peu partout sur l’île mais jamais aussi bien qu’à quelques mètres de la plage.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à aller lire mon récit de voyage “Looking for Fidel : un voyage à Cuba“, en accès libre sur Wattpad.

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