Visiter les Serres royales de Laeken

Chaque année, au printemps, les Serres royales de Laeken ouvrent leurs portes au grand public pour une période de trois semaines. Sans être botaniste dans l’âme, j’ai toujours eu envie de les visiter sans jamais en avoir l’occasion. J’étais évidemment intrigué par la collection florale exceptionnelle abritée par les serres, mais j’étais au moins autant intéressé, sinon plus, par l’architecture magistrale des serres, œuvre d’Alphonse Balat. Construites à la fin du 19e siècle à la demande du roi Léopold II, elles allient structures métalliques et de verres de manière impressionnante et justifiaient en soi la visite à mes yeux.

Enfin, il y avait l’aura du Palais royal et l’idée de pénétrer dans un coin du monde restreint des têtes couronnées pour l’espace de quelques heures. Les étoiles s’alignant enfin cette année, j’ai pris mon sac à dos, direction Bruxelles !

S’y rendre

Les Serres royales de Laeken sont situées non loin de l’Atomium, point de repère utile si vous venez jusque là en voiture puisqu’indiqué dès l’autoroute. Pour ma part, si j’opte habituellement pour les transports en commun (j’aurais pu prendre le train puis le bus ou le métro pour arriver jusqu’aux serres), c’est finalement en voiture que je suis arrivé à Bruxelles, en raison notamment des heures d’ouverture.

Si les horaires d’ouverture varient un peu en fonction des jours (vérifiez bien sur le site Internet), les serres sont globalement accessibles entre 9h30 et 17h, et également ouvertes en soirée, entre 20h et 23h, durant les week-ends. Les serres n’étant ouvertes cette année que du 21 avril au 11 mai, je m’attendais à ce qu’une foule compacte campe devant les grilles du Palais royal durant ces trois semaines. Si j’avais sans doute laissé un peu trop libre cours à mon imagination (note au voyageur : toujours se préparer au pire, espérer le meilleur, et prendre ce qui vient), j’ai préféré prendre mes précautions en choisissant d’y aller en soirée plutôt qu’en pleine journée.

Ne sachant pas à quelle heure j’allais ressortir de là, j’ai donc pris ma voiture. La bonne nouvelle, c’est qu’un parking gratuit est disponible juste en face du Palais royal, devant le monument Léopold 1er. La mauvaise, c’est que si comme moi, vous arrivez un peu trop tôt, vous ferez face à un parking fermé. Pour une raison qui m’échappe, le parking n’ouvre qu’une heure avant l’ouverture des portes. Moi qui étais sur place à 17h, je n’ai pu y garer ma voiture puisque le parking n’a ouvert ses portes qu’à 19h. Une bonne blague !

Après avoir flâné aux alentours, je suis revenu près du Palais vers 19h, soit une heure avant l’ouverture des portes, pour me rendre compte que les premiers visiteurs avaient commencé à former une file devant les grilles. Les passagers de trois bus différents sont bientôt venus grossir cette file de plusieurs dizaines de mètres et je me suis félicité d’être arrivé en avance. Je n’ose imaginer la taille qu’elle doit prendre lors d’un beau dimanche ensoleillé.

A 20h pile, les agents de police présents sur place nous invite à passer les grilles du château et à subir un contrôle de sécurité sommaire. On passe fugacement devant le Château royal avant d’emprunter le chemin qui va nous faire pénétrer à l’intérieur des serres proprement dites… Malheureusement, personne n’est venu nous faire signe aux fenêtres.

A l’intérieur des Serres royales de Laeken

Avant de s’engouffrer dans les serres, il est peut-être nécessaire de noter que des toilettes sont disponibles à l’entrée. Cette commodité n’est pas à négliger puisque, passé le premier tiers du parcours, je n’en ai plus vu…

Je parle de parcours car il n’est pas question ici de circuler librement à travers le parc du Domaine royal. N’espérez pas aller courir allégrement sur les pelouses royales ! Il y a un chemin bien précis à suivre, délimité par des panneaux, potelets et autres gardes de sécurité. On m’a dit que le parcours changeait chaque année mais j’ignore si c’est vrai. Cette année, le premier tiers ne se faisait pas à l’intérieur des serres elles-mêmes mais à l’extérieur, puisqu’il consistait à remonter l’allée qui longe les serres pour y entrer par l’arrière. L’occasion rêvée pour admirer le parc, ses arbres, ses fleurs, sa pagode chinoise, l’architecture des serres de l’extérieur, à la lumière déclinante du jour.

L’intérêt d’y aller en “nocturne” est justement la possibilité de voir les serres dans une lumière de fin de journée, particulièrement intéressante pour la photo. L’inconvénient, c’est aussi que, l’heure avançant, certaines endroits peu éclairés deviennent impossible à immortaliser. L’ambiance que l’obscurité apporte vient compenser ce petit inconvénient. Si on ne se retrouve jamais seul au milieu des fleurs et des plantes (il y a toujours du monde qui passe… toujours), on a tout de même l’impression de se retrouver à errer au milieu d’un endroit interdit, dans le quotidien oublié des rois du siècle passé. On les imagine flâner dans le parc, s’asseoir sur un banc au milieu de la serre pour lire un livre…

Passée la première partie à l’extérieur, on entre dans les serres qui, à mon sens, gagnent en intérêt au fur et à mesure qu’on progresse dans chacune d’entre elles. Les premières sont joliment fleuries mais j’avais pour ma part déjà vu mieux. Par contre, chemin faisant, un escalier en fleur par-ci, par-là, on se retrouve dans des endroits presque magiques. Que ce soit dans des serres en tunnel, couvertes de fleurs du sol au plafond, ou dans des serres plus ouvertes où des jeux de lumière viennent mettre les plantes en contraste par rapport à l’obscurité qui règne au dehors, on ouvre de grands yeux et on ose à peine ouvrir la bouche.



Parmi les choses que j’ai préféré, il y avait aussi la Serre Miroir (et sa belle scénographie) et sa galerie souterraine, une sorte de tranchée placée au dessous du niveau du sol dont les murs étaient fait de végétaux, ou encore le “descendant” de l’arbre survivant, cet arbre qui a survécu aux attentats du World Trade Center et dont une bouture fut offerte à la famille royale. Bouture qui a bien grandit depuis ! Le pinacle de la visite reste l’arrivée dans la serre du Congo puis dans le Jardin d’hiver, dont la gigantesque coupole est au moins aussi surprenante vue de l’intérieur. Bref, vous l’aurez compris, il y a de quoi être charmé par l’endroit !

Je retiendrais aussi les arbres à poil ou encore les fleurs Haribo (ci-dessus). J’ai dû un peu improviser au niveau des noms, ceux-ci n’étant pas indiqués pour toutes les plantes…

Alors, on y va ?

Au prix que coûte l’entrée (2,50 euros par personne, à destination des œuvres de la Reine Mathilde), je ne peux que conseiller de vous réserver un moment pour faire le tour des Serres royales de Laeken. Il faut compter au moins une heure pour en faire le tour, en sachant qu’on peut aussi y rester bien plus longtemps en prenant son temps (j’y suis resté près de trois heures !).

On pourrait regretter le relatif manque de liberté à l’intérieur de serres, notamment par rapport à un endroit comme les Kew Gardens, les jardins Botaniques Royaux de Londres. On ne peut admirer certaines sections, en particulier celles comportant des statues, que de loin, alors qu’en pratique, je n’ai pas bien compris, si ce n’est pour éviter la casse. Un peu dommage.

Si vous arrivez trop tôt, ou que vous avez envie de continuer à vous promener après les serres, il vous suffit d’aller jusqu’au monument Léopold 1er, d’en faire le tour et de vous enfoncer dans le parc qui est juste derrière. Outre quelques lapins, c’est la silhouette de l’Atomium que vous devriez bientôt apercevoir.

Serres royales de Laeken
avenue du Parc royal, 1020 Bruxelles (Laeken)
Site Internet
Une brochure est disponible à l’entrée au tarif d’un euros pour en apprendre un peu plus sur l’historique des serres et sur leur contenu.

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