Mons et son folklore

J’aurai pris mon temps pour me rendre à Mons 2015. J’aurai en fait attendu jusqu’au mois de novembre pour y faire un saut. Après Marseille, à qui j’avais aussi rendu visite sur le tard, ça devient une habitude. Si une capitale européenne de la culture vit toute l’année, il faut avouer que les activités qui vaillent le coup d’oeil sont souvent centrées sur des dates bien précises. Or de ces événements, ce qui vaut toujours le détour, ce sont les musées et les expositions qui sont mises en place. ça tombe bien, puisque ceux de Mons mettent justement à l’honneur son folklore.

Le folklore, par Saint George !?

On ne saurait évoquer le folklore de Mons sans évoquer son Doudou. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, cette ducasse est une fête qui se tient chaque année et mets en scène plusieurs manifestations, les plus spectaculaires étant une procession dans la ville en costumes d’époque et un simulâcre de combat entre Saint Georges et le dragon.

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Je n’y ai jamais assisté (si ça vous intéresse, c’est peu après la Pentecôte, fin mai / début juin) mais ça ne m’empêchait pas de vouloir en savoir plus en visitant le bien nommé Musée du Doudou. Tout neuf, le musée se présente sur trois étages dans un beau bâtiment de briques rouges. Le prix d’entrée est peut-être un peu élevé mais un audioguide est fourni et, surtout, tout est très bien pensé en terme de muséographie, avec bon nombre de films, d’écrans interactifs ou même de jeu.

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On en apprend plus sur les saint patrons de la ville que sont Sainte Waudru et Saint Georges, l’histoire de la première étant très ancrée dans la réalité (elle est à la base de l’histoire de la ville) tandis que le second nous emmène davantage dans les domaines de l’imaginaire et de la mythologie. Les deux se rejoignent au coeur de la ducasse de Mons, dont on découvre l’origine, les costumes et bien plus encore. Le tout se visite en moins de deux heures.

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Musée du doudou
http://www.museedudoudou.mons.be/
Jardin du Mayeur
Grand’Place
7000 Mons
Accessible du mardi au dimanche de 10h à 18h
Tarif plein : 9€

Pour rebondir sur Saint Georges, je précise que Barry, mon compagnon de voyage favori, souhaitait voir l’exposition “L’Homme, le Dragon et la Mort. La Gloire de saint Georges” mais malheureusement, celle-ci se retrouvait au Musée des Arts Contemporains, au Grand Hornu, ce qui l’éliminait d’office pour nous puisque nous voulions rester dans le centre de Mons.

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Non loin de la Grand Place et du Musée du Doudou, le Beffroi domine la ville. Réouvert au public depuis peu, il est possible de grimper à mi-hauteur (pas au sommet) pour admirer un panorama de la ville. Le prix un peu élevé (9 euros, encore) nous dissuade d’y pénétrer mais nous en profitons pour faire un tour dans le parc du Château qui est à sa base, très agréable.

Le parc en lui-même est déjà surélevé par rapport à la ville et offre un joli point de vue sur les toits alentours. De là, on peut aussi apercevoir la Collégiale Sainte Waudru.

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Parfaite pour faire suite au Musée du Doudou, la Collégiale Sainte Waudru est l’endroit où débute la ducasse de Mons, avec la Descente de la châsse, le moment où le bourgmestre prend possession des reliques de la Sainte avant la procession dans la ville. Il faut savoir que Sainte Waudru a fondé le monastère à l’origine de la ville de Mons, ce qui explique qu’elle ait tant d’importance dans le folklore de la ville.

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La collégiale n’est pas le lieu pour en savoir plus sur Sainte Waudru (le musée du Doudou remplit déjà bien cet office) mais permet par contre d’admirer le Car d’Or, sur lequel sont promenés les reliques lors de la procession. De nombreuses oeuvres d’art sont aussi présentes dans l’église, tout comme un trésor (mais pour accéder à celui-ci, il faudra s’acquiter d’un droit d’entrée). Plusieurs personnes visitent la collégiale en même temps que nous, dont pas mal de jeunes visiblement absorbés par un jeu sur tablette. Des tablettes qui sont mises à la disposition des visiteurs pour 3 euros et surtout un moyen très ingénieux d’intéresser un public d’habitude réfractaire à l’histoire de ce type de lieux.

Par Mons et par vaux

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Loin d’être cantonnée dans les musées, la culture se retrouve partout dans Mons. C’est le principe du concept de capitale culturelle. Par exemple, il suffit de se promener Place du Parc et de lever les yeux au ciel pour tomber sur des silhouettes de paresseux, pendues aux branches des arbres. Une oeuvre éphémère et atypique qui s’intègre parfaitement dans le paysage du pays du surréalisme.

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C’est aussi à partir de cette place que j’ai remarqué les mots inscrits sur les murs. Des lignes blanches interminables couvrent les bâtiments d’une rue à l’autre, un peu partout dans la ville, pour un total de plus de 10km. Des inscriptions parfois sans queue ni tête, d’origines diverses (du groupe Rupture à Verlaine). Amusant de les suivre ou de tomber par hasard sur une phrase qui nous parle, où qu’on se trouve dans Mons.

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Mais en terme d’art de rue, ce qui est le plus impressionnant reste sans doute le mikado géant planté en pleine rue de Nimy. Excusez ma manière de résumer la chose, mais je ne vois pas d’autre façon de décrire The Passenger, une oeuvre d’Arne Quinze qui a beaucoup fait parler d’elle. A l’origine prévue pour être plus étendue, quelques problèmes l’ont finalement réduite à ce qu’elle est à présent. Pour avoir vu ce même type de structure à Bruxelles, près du parlement flamand, je ne peux que regretter que l’oeuvre ne couvre pas toute la rue…

Y aller, y manger

2015-11-03 12.37.11Côté pratique, il n’y a rien de bien compliqué. J’étais allé voir le site de Mons 2015 mais sans forcément y trouver mon bonheur. S’il y avait bien un agenda, j’étais un peu resté sur ma faim en termes d’infos.

Sachez que pour vous y rendre, vous aurez l’embarras du choix : Mons est proche de l’autoroute (en travaux…), aura bientôt une nouvelle gare (pas encore prête…) et compte plusieurs parkings gratuits en bordure de la ville (Place Nervienne, Boulevard Dolez ou Avenue du Pont Rouge). Il y a même des parkings de délestage avec une navette gratuite le week-end. Si vous voulez absolument vous garer dans le centre, c’est possible mais c’est payant (de l’ordre de 2,25 euros pour 3 heures).

2015-11-03 13.45.35Pour manger, la cité du Doudou possède un certain nombre de restaurants mais, attention, comme la plupart des centres d’intérêts, pas mal d’entre eux ont l’air d’être fermés le lundi, voire même le mardi. Avec Barry, nous étions en quête d’un restaurant de hamburgers et, si nous en avions trouvé deux, l’un était justement fermé le mardi. C’est pour cette raison, et pour l’aura de mystère entourant son nom, que nous avons opté pour le Sherlock Holmes.

Le Sherlock Holmes
Rue du Miroir 3
Mons, Belgium 7000
003265314909

Avec son menu gigantesque, le Sherlock Holmes étonne tant ses hamburgers se succèdent sans se ressembler. N’espérez pourtant pas y trouver de burgers classiques, tous savent se démarquer par un ou plusieurs ingrédients inattendus. Les assiettes sont bien garnies et l’ambiance orientée pub anglais ne déçoit pas. A tester absolument si vous êtes fans du célèbre détective et fana de hamburgers (un mélange détonnant si vous voulez mon avis).

En 2015, j’étais Montois. Et vous ?

2015-11-03 11.04.00Que retenir de Mons, capitale européenne de la culture 2015 ? Déjà, que si l’année se termine, ça ne veut pas dire pour autant que la culture va disparaître. Les musées qui ont vu le jour récemment vont rester là, tout comme d’autres traces de cette année particulière. Surtout, que le folklore de Mons est, lui, bien plus ancien, et qu’il mérite d’être exploré, peu importe qu’on soit en 2015 ou en 2025.

Mons en elle-même, par son côté médiéval, m’a fait penser à certaines villes françaises, Lille en tête. Ses rues pavées, ses demeures anciennes et classées, un patrimoine de plusieurs centaines d’années… Autant de choses qui peuvent plaire à un public international.

Pour terminer, une petite anecdote : j’ai eu la surprise de constater qu’à Mons, en 2015, il y avait de nombreuses toilettes publiques et gratuites. Alors, certes, l’état de propreté n’était pas toujours impeccable, mais c’est suffisamment rare pour être souligné. Note au voyageur : découvrir une ville en étant en paix avec sa vessie, ça n’a pas de prix.

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