Gand à pas de géant

Pourquoi Gand est-elle une des villes les plus touristiques de Belgique ? Avec Bruges, elle partage des quartiers historiques à l’architecture remarquable et une organisation de la ville qui laisse une grande place aux piétons, de par la présence de canaux. Là s’arrête la comparaison, puisque les deux villes belges se différencient sur bien des points par leurs propres attraits.

C’est à l’occasion d’un coffret Bongo reçu à Noël que je me suis rendu à Gand (Gent en flamand) pour jouer les touristes, le temps d’un week-end. J’aime beaucoup découvrir la Belgique par le biais de city-trip dans ses grandes villes et il faut avouer que Gand se prête très bien au jeu.

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Enfiler ses bottes de sept lieux

Chaussez-vous, le centre-ville se fait à pieds. Pour ma part, je suis même parti de plus loin puisque je me suis rendu à Gand par le train. La gare de Gent Sint Pieters est cependant un peu excentrée et il m’a bien fallu une vingtaine de minutes pour arriver dans le cœur historique. J’aurais pu aller plus vite si j’avais eu un vélo (beaucoup d’habitants se déplacent ainsi, il suffit de voir le nombre de bicyclettes qui attendent leur propriétaire à la sortie de la gare) ou en prenant le tram.

Mais le temps était particulièrement au beau fixe et j’ai décidé de marcher un peu. En refaisant ce trajet le lendemain, j’ai découvert qu’il y a deux itinéraires possibles pour rejoindre le centre-ville. Soit suivre la rue de la Porte de Courtrai (Kortrijkseesteenweg), soit bifurquer pour longer la Lys. Pour vous donner un point de repère, il faut passer à côté du Flemish institute for visual, audiovisual and media art (le BAM), dans l’enceinte duquel sont parfois organisé des événements et concerts durant l’été.

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Au bout du chemin, on tombe enfin sur la place Korenmarkt, avec le pont Saint-Michel à votre gauche et la cathédrale Saint Bavon à votre droite. La place étant un peu en travaux, je commence par aller sur le pont Saint-Michel, passage obligé car il offre un des plus beaux point de vue sur Gand. D’une part sur la Lys et les terrasses des restaurants, mais surtout sur les trois “tours” de Gand. Ces trois tours sont celles de l’église Saint-Nicolas, du Beffroi et enfin de la Cathédrale Saint-Bavon.

Difficile de résister plus longtemps à cette dernière. L’imposante cathédrale Saint-Bavon n’est pas forcément connue pour son aspect extérieur mais davantage parce qu’elle abrite la plus célèbre peinture flamande, j’ai nommé “L’Adoration de l’Agneau mystique“. Ce polyptique peint en 1432 par Jan Van Eyck qui symbolise le sacrifice du Christ est enfermé dans sa cage de verre blindée et uniquement accessible après s’être acquitté d’un droit de 4 euros. A vous de voir si vous êtes suffisamment amateur d’art. Avec ses vingt-deux autels, sa chaire rococo et son Paul Rubens, la Cathédrale vaut de toute façon d’y passer, le reste pouvant être visité gratuitement.

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Des quartiers et des hommes

La déambulation dans les rues de Gand continue. Mon étape suivante est de me diriger vers l’office de tourisme. Pour m’y rendre, ça tombe bien, je dois retraverser le pont Saint-Michel, voir l’église du même nom, qui abrite elle aussi un riche patrimoine. Les petites rues qui suivent sont sublimes, agrémentées de boutiques, de cafés et de restaurants.

Enfin, j’arrive sur la place de l’ancien marché aux poissons. Derrière une porte immense en haut de laquelle repose la statue de Poséidon se cache l’office de tourisme. En face, le Château des Comtes m’attend.

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Le Château des Comtes, aussi appelé Gravensteen, est parfaitement intégré à la ville. Des photos plus anciennes montrent même que des bâtiments construits contre ses murailles ont dû être démontés lors de sa restauration. Je n’hésite pas longtemps avant de visiter ce château, seul fort médiéval entièrement conservé de Belgique. D’autant qu’il abrite une effroyable collection d’objets de tortures et une prison ! Du haut des remparts, il offre aussi une magnifique vue sur Gand.

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J’ai lu certains avis de personnes qui trouvaient l’entrée un peu chère. Il faut en effet payer 8 euros pour un adulte. Pour ma part, pour avoir vu le prix d’un château comme celui d’Édimbourg, je trouve ça à peu près raisonnable.
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A la sortie, le quartier de Patershol me tend les bras. Extension directe du château, c’est le quartier médiéval de Gand, une sorte de machine à remonter le temps mais aussi le quartier branché de la ville, noctambule et gourmand (beaucoup de restaurants).

Je me promène dans ses petites ruelles, très animées et colorées. Il y a souvent des guirlandes dans les rues qui ont continuellement un air de fête. Le quartier reste calme malgré son attrait pour les touristes.
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Autre curiosité, un véritable retour dans le monde moderne, la Werregarenstraat, une petite ruelle couverte de graffitis. Les artistes de rue s’y livrent à un étonnant jeu de création, entre tags et art baroque contemporain. Le genre de rue dans laquelle on éviterait de passer partout ailleurs, mais pas à Gand, où elle a été élevée au rang de véritable galerie d’art publique.

De retour vers la gare

A l’issue de ce week-end, je me dirige à nouveau vers la gare. Si je n’ai pas rencontré beaucoup d’espaces verts du côté du centre-ville, il y a dans ce quartier le parc de la Citadelle, une bouffée d’air pur. Je ne sais pas s’il s’agissait d’une exposition temporaire ou de quelque chose de plus permanent, mais sur toute une partie de la pelouse du parc, il y avait des tombes, comme au sein d’un cimetière (j’ai déjà dit comme j’aimais me promener dans les cimetières). Sauf qu’ici, les noms des disparus ont fait place à ceux de grands musées internationaux, comme le MOMA, le centre Pompidou et bien d’autres. Il s’agit d’un projet d’un artiste gantois, Leo Copers, s’attardant sur les possibilités et les carences des musées.

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De l’autre côté du parc, je traverse la rue pour entrer dans le jardin botanique. Le cadre est agréable pour terminer la journée mais il faut avouer que ce jardin aurait besoin d’un peu plus d’entretien.

Au final, j’aurais été séduit par Gand et son mélange de traditions et de modernité. Je n’ai pas forcément été au bout de l’expérience touristique, n’étant pas monté en haut du Beffroi (entrée trop chère à mon sens) ou n’ayant pas fait un tour en bateau sur la Lys par exemple. J’aurais par contre bien battu le pavé, de la visite des églises jusqu’à Marguerite l’Enragée (un canon qui borde la Lys depuis 425 ans). N’hésitez pas si vous l’occasion de vous y rendre pour un week-end… ou plus !

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