L’Irlande en 3 semaines : itinéraire et conseils

Lorsque j’ai décidé de passer trois semaines en Irlande, mon premier réflexe a été de me dire que j’allais parcourir le pays à pied, un sac sur le dos. Je me suis bien vite rendu compte que je n’avais pas la préparation nécessaire à un tel périple et j’ai décidé de revoir mes ambitions à la baisse, en visitant l’Irlande à l’aide des transports en commun. C’est certes beaucoup moins classe, mais tellement moins éprouvant.

Pourquoi ne pas faire l’Irlande en roadtrip et louer une voiture ? Quand j’ai décollé pour Dublin, j’avais alors moins de vingt ans, mon passeport en poche depuis à peine quelques mois et ni l’assurance nécessaire, ni le budget, pour me lancer sur les routes irlandaises. Je précise que lorsque je parle d’Irlande, je parle de l’Eire uniquement et j’exclue volontairement l’Irlande du Nord.


Road to Nowhere

J’ai fait le choix de me concentrer sur le sud de l’île pour la découvrir en prenant mon temps, quitte à retourner en Irlande du Nord une autre fois. Est-ce que je regrette mon choix ? Pas du tout. A vrai dire, en trois semaines, je n’ai pas vu tout ce qu’il y avait à voir en Eire. Si par contre, vous faites un roadtrip, je pense qu’il doit y avoir moyen de faire les deux dans ce laps de temps, en vous focalisant sur les points d’intérêts majeurs.

Mon voyage en Irlande fut à la hauteur de mes attentes : des paysages magnifiques, des villes riches et vibrantes, des gens sympathiques et une aventure personnelle de tous les instants. Même la météo a été plutôt au beau fixe ! J’ai eu mon lot de pluie (je suis parti au mois de septembre, peut-être que c’était la pire période… ou peut-être était-ce la meilleure) mais les douches en Irlande laissent bien souvent la place au soleil quelques heures plus tard.

L’Irlande en 5 grandes étapes

J’ai passé la majeure partie de mes vingt-et-un jours sur place à battre le pavé des grands villes Irlandaises. C’est bien simple, j’ai bâti mon itinéraire sur base de la taille dans laquelle les noms étaient inscrits sur ma carte, en me disant qu’il y aurait forcément de quoi s’y occuper ou des moyens de rayonner aux alentours. Pas forcément la meilleure idée du monde, mais j’assume.




J’ai commencé et terminé mon itinéraire à Dublin. J’ai déjà largement parlé de la ville, riche en musées, gratuits ou payants (de la National Gallery au Irish Writers Museum, en passant par le National History Museum ou Dublinia), point de départ idéal pour découvrir la culture irlandaise (avec le Trinity College et sa bibliothèque qui abrite le fameux Livre de Kells), ses pubs et sa musique (avec son tout aussi fameux quartier Temple Bar). Vous l’aurez remarqué, je ne parle pas de la visite des brasseries Guiness ou Jameson, que je trouve peu intéressantes.

Je suis resté à Dublin durant cinq jours avant de sauter dans un bus en direction de Galway. ça peut paraître long mais une fois qu’on va voir le château et la plage de Malahide, les falaises et les phoques de Howth ou le site monastique de Glendalough, les journées se remplissent très vite.

Je suis ensuite resté quatre jours à Galway et, là, le temps m’a paru un peu plus long. Non que Galway ne soit une destination intéressante, bien au contraire ! Sa vie nocturne est particulièrement dynamique et l’ambiance de ses pubs vaut à elle seule le déplacement. En journée, par contre, c’est plus compliqué. La ville n’a pas grand chose à offrir et on en fait rapidement le tour en une journée. Par contre, Galway est le point de départ idéal pour partir explorer le Connemara.

Certains le font en vélo, d’autres en voiture, moi je l’ai fait en bus. Ce n’est à mon sens pas l’idéal, mais pour en voir un maximum en peu de temps, c’est une option qui reste viable. Je regrette que cette solution ne m’aie pas laissé le temps de profiter pleinement des lacs, des collines et des paysages en général. Un arrêt face aux Twelve Bens, un autre aux Falaises de Moher, c’est un peu court. Par contre, je garde un souvenir marquant de l’Abbaye de Kylemore, devenue école pour jeunes filles, un bâtiment exceptionnel perdu dans un écrin de nature.


Kylemore_Abbey

Si comme moi, vous passez trop de temps à Galway, vous pouvez prévoir de voguer jusqu’aux Îles d’Aran le temps d’une journée pour explorer Inishmore (Inis Mor).

Lorsque je me suis penché sur mon itinéraire, j’ai volontairement décidé de ne pas m’arrêter à Limerick, étape qui était pourtant sur ma route vers Killarney. Je l’ai un peu regretté parce que la pluie m’attendait à Killarney. Une pluie ininterrompue qui a mis en péril ma découverte du parc national de Killarney. Je n’ai finalement pu en profiter qu’un seul des quatre jours que j’avais prévu sur place, après avoir longtemps prié pour une éclaircie.

Est-ce que l’attente en valait la peine ? Complètement ! J’ai adoré me perdre dans le parc national de Killarney, faire le tour de ses lacs, chercher ses cascades, admirer ses ponts de pierres et ses ruines… J’aurais eu l’occasion de voir le château de Ross (ou ce qu’il en reste) et la cascade de de Torc ! Je maudis la météo de m’avoir empêché d’y passer plus d’une journée, mais ça m’aura au moins permis d’y admirer des arcs-en-ciel.


Killarney Park - HDR

Si vous avez une voiture, que vous faites le tour de l’Irlande à vélo ou juste du soleil à gogo, Killarney est le point de départ parfait pour faire le tour de la péninsule de Dingle ou de l’Anneau du Kerry, ces 180 kilomètres de falaises considérés comme une des plus belle route de l’Irlande.

Après cette journée Nature au parc de Killarney, j’ai repris un mode de vie plus urbain en me dirigeant vers Cork. Cork est une ville jeune et dynamique qui m’a beaucoup plu, même si j’y ai encore une fois passé trop de temps. On peut largement profiter de l’ambiance de la ville, sonner les cloches à la St Anne’s Shandon Church et surtout visiter son ancienne prison, sans doute son point d’intérêt principal, en moins de quatre jours. Il n’y a pas vraiment d’excursion intéressante au départ de Cork, donc à part la ville, il n’y pas vraiment autre chose à voir.


Kilkenny Castle

Du coup, j’ai repris le bus pour faire halte à Kilkenny – le temps d’un seul jour, ce qui était finalement suffisant. A part un petit musée, j’y ai surtout visité le château, qui n’est certes pas extraordinaire, mais à part le Dublin, c’est le seul que j’ai croisé qui n’était pas en ruine, ce qui était en soi une bonne raison d’y pénétrer. J’ai fait un arrêt à Kilkenny parce que c’était sur ma route pour retourner sur Dublin, mais on peut s’en passer sans regret, si on ne reste que deux semaines en Irlande.

J’ai terminé mon tour de l’Irlande en revenant à Dublin, pour y passer à nouveau trois jours. C’était un peu du luxe et j’en ai surtout profité pour explorer des endroits dans lesquels j’étais passé rapidement à mon arrivée.

Les hauts et les bas

Ce que j’ai particulièrement aimé et ce que je retiendrais de mon séjour :
Dublin, la ville, mais aussi les excursions possibles à partir de là : Howth et Glendalough ne sont qu’à quelques kilomètres de la capitale et on se retrouve pourtant au coeur de l’Irlande qu’on peut voir sur les cartes postales.
– La vie nocturne de Galway
– Le Connemara, dans lequel j’aurai aimé passer plus de temps.
– Le parc national de Killarney, dans lequel j’ai adoré me perdre. Un concentré de la verte Erin dans lequel je retournerai avec plaisir, pour peu que la météo ne joue pas encore les troubles fêtes.
Cork, une ville très différente de Galway et de Dublin, qui m’a charmé par sa diversité.


Connemara, Co Galway.

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, j’ai souvent passé trop de temps au même endroit et j’avais peut-être surévalué les activités possibles sans avoir de véhicule à ma disposition. Du coup, mon itinéraire était certainement tout à fait tenable en deux semaines. J’aurais pu simplement modifier mes réservations au fur et à mesure, mais j’ai préféré profiter de ce temps supplémentaire pour ralentir, me poser et observer. Moi qui ai bien souvent le réflexe de vouloir remplir mes journées à l’excès, mes erreurs de planification m’ont finalement permis de vivre à l’heure irlandaise. Rétrospectivement, je ne le regrette pas du tout.

Maintenant, en éternel insatisfait, je me dis aussi que je suis passé à côté de certaines choses (mais bon, l’avantage, c’est que ça me donne une raison pour retourner régulièrement en Irlande). Par exemple, et en restant dans la philosophie de départ, c’est-à-dire de voyager avec les transports en commun, je sais que j’aurais pu faire un saut en Irlande du Nord et découvrir Belfast en deux ou trois jours.

Si j’avais eu une voiture, je me serais sans aucun doute éloigné des centres urbains pour me perdre en pleine nature, que ce soit dans le Connemara, dans la péninsule de Dingle ou dans le Ring of Kerry. Ce qui me donne une autre bonne raison d’y retourner !

Pour terminer, j’aborderai la question du budget. J’ai dépensé plus ou moins 1200 euros durant mes trois semaines sur place. Le fait de ne dormir que dans des auberges de jeunesse a grandement contribué à ne pas trop faire monter la note, même si j’aurais pu être encore plus économe. Si mes nuits m’ont coûtées entre 15 et 30 euros, j’ai souvent opté pour des dortoirs ne comprenant pas plus de six lits, n’ayant pas envie de me retrouver perdu dans de grands dortoirs, même si ça voulait dire payer plus. De la même manière, j’ai constamment mangé au restaurant plutôt que d’utiliser les cuisines communes mises à disposition. Ce fut les deux postes les plus salés du budget, les trajets en bus ne m’ayant pas coûté un bras. Faire un roadtrip en Irlande sans (trop) casser sa tirelire, c’est donc possible.

J’espère que mon retour vous aura donné envie de tenter l’expérience. Si c’est le cas, n’hésitez pas à partager vos notes de voyage en commentaire ! Si par contre, vous n’en êtes encore qu’aux préparatifs, n’oubliez pas d’emporter un bon coupe-vent imperméable !

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