Fêter le Nouvel An à Prague

Prague est-elle la destination idéale pour y fêter le nouvel an ? Les fêtes de fin d’année sont toujours propices aux city trips et j’espérais bien trouver à Prague une ambiance toute particulière, entre brume hivernale et décorations de Noël. Dans les deux cas, je n’ai pas été déçu. J’ai même eu droit à de la neige, ce qui a le pouvoir de magnifier la ville qu’on soit au milieu du quartier juif, du pont Charles ou au sommet de la Colline de Petřín.

Pourquoi Prague pour fêter la nouvelle année ? Pour les marchés de Noël ? Non, au risque d’en décevoir certain, il faut bien avouer qu’ils ne sont pas très différents de ceux qu’on peut trouver ailleurs en Europe (je pense notamment à ceux de Maastricht ou de Cologne) mais ils ont leurs spécificités. D’une part, déambuler dans les allées de celui de la place de la vieille ville, c’est se promener entre la tour de l’horloge astronomique et l’Église de Notre-Dame de Týn, deux bâtiments majestueux et qui prennent encore une autre dimension une fois la nuit tombée. Il n’y a pas à dire, à ce titre, Prague est une ville dont l’architecture est un écrin fantastique pour l’hiver. L’autre spécificité, ce sont bien sûr les spécialités locales qu’on peut trouver sur place, et particulièrement les trdelník. Ces pâtisseries locales se retrouvent ailleurs en ville mais les déguster sur un marché de Noël semble un minimum si on vient à cette époque de l’année.

Heureusement, il n’y a pas que les marchés de Noël et aller fêter le nouvel an à Prague, c’est surtout y vivre une expérience très, très inhabituelle.

La nuit du Nouvel An

Comme depuis que je suis arrivé à l’aéroport, la brume tombe sur la ville au moment où le jour se met à décliner. Les rues sont encore très fréquentées, notamment par les touristes, très présents en cette saison, mais aussi par les locaux. Il est facile de les reconnaître, ce sont ceux qui ont l’air tout à fait à l’aise dans ce froid piquant. De mon côté, je me presse pour repasser par mon hôtel avant de prendre la direction du restaurant que j’ai réservé pour la soirée. Au moment où je passe sur la place Wenceslas, je sursaute. Des pétards ont explosés quelques mètres derrière moi.

Pour situer, je précise que je suis juste à côté d’un marché de Noël, et dans le climat sécuritaire ambiant en Europe et ailleurs, on se méfie facilement de ce type de détonation. Mais pas à Prague. Ici, les feux d’artifices sont en vente libre et la veille du nouvel an, ça pétarade de partout et on sursaute beaucoup. Enfin moi. Pas les policiers, bien présents sur la place Wenceslas par exemple. De manière assez admirable, ils sont tout à fait relax, même quand un pétard éclate à quelques mètres d’eux.

Je continue mon chemin et arrive à l’hôtel. Je vous ai déjà mis en garde sur les réservations de dernière minute. A la période des fêtes de fin d’année, il faut s’y prendre tôt pour réserver son hôtel et j’ai dû essayer plusieurs adresses avant de trouver un restaurant pour fêter le réveillon. La plupart des établissements proposent un menu spécial le soir du nouvel an et les prix en profitent pour grimper un peu. Après bien des essais infructueux (j’ai failli réserver un Mexicain pour le nouvel an, ce qui aurait pu être sympa, mais même lui était complet), j’ai trouvé le Krystal Bistro. Très légèrement excentré, il proposait une cuisine élaborée mais pas trop, un cadre cosy, un service très sympathique et des prix raisonnables. Je suis vraiment très bien tombé.

A la sortie du restaurant, je me demande où aller profiter de la soirée. Je n’ai trouvé aucune information concernant des feux d’artifices organisés par la ville, mais je me dis que le plus simple, c’est d’aller me promener au bord de la Vltava, la rivière qui traverse Prague. En descendant la rue qui doit m’y mener, je constate que les boîtes de nuit débordent littéralement sur les trottoirs de fêtards plus ou moins éméchés.

Comme la pyrotechnie et l’alcool font rarement bon ménage, il y a des morceaux de trottoirs qu’il vaut mieux éviter. Des feux d’artifices dont l’allumage se fait in extremis éclatent dans les caniveaux, voire les poubelles si on se fie aux traces de brûlé que j’ai vu sur l’une d’entre elle. Ça, c’est quand tout va bien. J’ai aussi croisé des mouchoirs plein de sang dans la rue, preuve que ça peut aussi mal tourner.

Dancing in Prague

J’arrive finalement près de la Vltava, juste à côté de la célèbre maison qui danse (aussi appelée Fred et Ginger). Ici, la foule se fait plus compacte. Les ponts et les bords immédiats de la rivière sont pleins et je n’essaie même pas de m’en approcher. Pourtant, il n’y a pas grand chose à voir. Minuit approche et il n’y a pas de grand feu d’artifice étourdissant. A la place, il y a les petites fusées que lancent de tous côtés des particuliers. Où qu’on porte le regard, des étincelles rouges ou vertes illuminent le ciel, même si ça explose tout de même très près du sol.

Parfois même trop près du sol. A côté de la maison dansante, alors que je viens de traverser la rue pour me réfugier sous son porche, des feux d’artifices se mettent à partir vers la foule plutôt que de s’envoler vers le ciel. Ils explosent directement dans les pieds de malchanceux qui se trouvent à proximité, créant des crises de panique qui se calment aussi vite qu’elles ont commencés. De quoi faire monter un peu le taux d’adrénaline dans le sang…

Après avoir bien profité du froid nocturne praguois et avoir constaté que non, il n’y aurait pas d’autre spectacle que ces multiples petits feux d’artifice, je décide de retourner à l’hôtel me remettre de mes émotions.

Le 1er janvier à Prague

Le 1er janvier a beau être férié, la plupart des attractions touristiques sont ouvertes. J’en profite donc pour visiter quelques-uns des incontournables de Prague, en utilisant le métro pour me rendre d’un bout à l’autre de la ville. En fin de journée, je prends la direction du Clementinum (Klementinum en tchèque), qui abrite la bibliothèque nationale tchèque mais aussi la Chapelle des Glaces. C’est dans son cadre féérique que sont organisés des concerts et j’ai justement ma place pour l’un deux.

Aller voir un concert à Prague ? Au nouvel an, on en trouve dans quasiment toutes les églises de la ville. Il s’agit de musique classique, principalement. J’avais cherché à réserver une place pour un concert dans la Chapelle du Clementinum à l’avance mais, m’y étant pris un peu tard, je n’avais pas eu de réponse avant mon départ. Heureusement, une fois sur place, il m’a suffit d’aller à l’un kiosque présent à l’une des entrées pour réserver ma place pour le jour suivant. J’ai plains au passage les pauvres types qui devaient rester là, dehors, dans le froid toute la journée, pour vendre les tickets.

Il est 18h quand je passe sur le Pont Charles pour me rendre au Clementinum. Si ce fameux pont est rarement désert, il est particulièrement bondé à cette heure de la journée et je dois jouer des coudes pour me frayer un chemin. Pourquoi est-il si fréquenté ? Je comprends rapidement qu’un feu d’artifice est enfin officiellement organisé par la ville, et qu’il a lieu sur une colline bien visible depuis le pont. Bien visible par temps clair, car ne l’oublions pas, la brume envahit le paysage praguois à la nuit tombée. C’est donc dans un brouillard presque opaque que démarre le feu d’artifice du nouvel an. Si on entends parfaitement les explosions, on ne distingue les couleurs que de manière ténue. Assez irréaliste…


Je termine mon nouvel an à Prague assis dans la splendide Chapelle des Glaces. Le cadre s’avère aussi onirique qu’intimiste pour assister à un concert. Si la qualité de l’ensemble musical était un peu faible, ça m’a au moins permis de découvrir Antonín Dvořák, célèbre compositeur Tchèque. Une note musicale bienvenue pour commencer l’année en fanfare !

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