Faut-il aller aux Chutes du Niagara ?

A la frontière des Etats-Unis et du Canada, les Chutes du Niagara sont parmi les plus renommées du monde. Nombreux sont ceux qui s’y rendent chaque année et peut-être êtes-vous titillés par l’envie de découvrir ce haut lieu du tourisme. Avec raison ? Brisons le suspense dès à présent. Si vous êtes à proximité, il serait bête de vous priver de la magie des lieux. Pour le reste, je pense qu’on peut y voir autant de pour que de contre.

Je me suis rendu dans la ville de Niagara Falls en 2009, au détour de mon premier voyage organisé. Les Chutes étaient alors une étape entre la ville de Kingston et Toronto, mais loin de n’être qu’un point au programme, elles étaient considérées comme le clou du spectacle. Je vous en reparlerai peut-être à l’occasion, tant il y a des choses à dire sur les voyages organisés, mais intéressons-nous d’abord aux Chutes du Niagara.

Chutes du Niagara

Je pense qu’on a tous en tête l’image de cette merveille de la nature en vue aérienne, ces trombes d’eau qui vont s’écraser quelques centaines de mètres plus bas. C’est ce qu’on voit dans les guides de voyage, à la télévision ou sur les cartes postales. Ce n’est pas forcément ce qu’on voit en premier lorsqu’on arrive en bus à proximité.
Skylon Tower
Notre premier arrêt s’est fait à la tour Skylon, comme le stipulait notre programme. En grimpant au sommet, on a en effet une très belle vue sur les Chutes, surtout par temps clair. A un peu plus de $10/personne, est-ce que la dépense vaut le coup ? A vous de voir. A part avec un hélicoptère, c’est le seul moyen de voir la zone sous cet angle. Ceci dit, je pense que la vue la plus impressionnante reste celle qu’on a aux pieds des Chutes, à bord du Maid of the Mist. C’est aussi là que les problèmes commencent.

Les Maid of the Mist sont les bateaux qui emmènent les passagers en mini-croisière dans les tourbillons des Chutes. Tout le monde y passe. Soyons honnête, la raison pour laquelle on est tous là, c’est pour monter sur ce satané rafiot et aller au plus près des chutes. C’est LA destination finale. De fait, comme à n’importe quel musée un peu connu, une file immense vous attend avant de pouvoir embarquer.

Cette foule, on la retrouve sur toute la durée du parcours menant au bateau. Un parcours ? Un savant mélange entre une file d’attente de parc d’attraction, un contrôle de sécurité digne d’un aéroport et une fête foraine. Entre deux détecteurs de métaux, on vous impose de poser pour une photo devant un écran vert dans lequel sera astucieusement (NOT) incrustée une image toute faite des chutes. Ensuite, on vous distribue une cape en plastique à enfiler absolument pour ne pas revenir trempé de la croisière. Le souci, c’est que dès qu’il fait un peu chaud, il suffit de transpirer un tout petit peu pour être aussi trempé sous la cape.

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C’est avec l’image d’un troupeau de bestiaux qu’on mènerait à l’abattoir que je suis monté à bord du Maid of the Mist. On le remplit bien sûr à ras bord avant de larguer les amarres. Le moment tant attendu arrive enfin. Le rêve, c’est maintenant qu’on le vit. Tant pis si tout le monde apprête son appareil photo de la même façon, tant pis s’il y a un monde fou autour de nous… Elles sont là. Quoi qu’on en dise, au pied des chutes, on en prend vraiment plein les yeux. Au sens propre bien sûr, puisqu’on reçoit assez d’eau sur la tête pour organiser un concours de t-shirts mouillés (s’il n’y avait ces maudites capes), mais aussi au sens figuré, tant le spectacle vaut le déplacement.

Chutes Niagara

Le tour va bien trop vite et on regrette déjà de repartir vers la rive. Comme pour n’importe quelle attraction, le temps d’attente est bien supérieur au manège en lui-même. Mon voyage organisé nous faisait néanmoins dormir sur place et c’est avec la certitude de revenir plus tard que j’ai posé le pied à terre. L’après-midi arrivait à son terme, j’ai rejoint l’hôtel avec mes compagnons de voyage et pris possession de la chambre. Notez que malgré la forte concurrence, je n’ai pas eu l’impression que les hôtels faisaient des efforts surhumains pour se démarquer des autres. Le wifi était payant et même s’il y avait une piscine intérieure (dont je n’ai pas pu profiter), je doute que ce soit l’avantage ultime.

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Je suis donc ressorti à la nuit tombée pour partir à la recherche d’un restaurant. Si les prix sont plutôt dans la fourchette haute, je me suis rendu compte que mon voyage organisé et moi n’étions pas les seuls à dormir sur place. Tous les restaurants étaient pleins ! J’ai finalement trouvé un petit italien, pas très original mais toujours efficace. Je reprends mon chemin après m’être rassasié dans le but de voir à quoi ressemble les Chutes la nuit.

Ce faisant, j’ai un peu déambulé dans les rues de Niagara Falls et… comment formuler ça ? J’ai traité Mont-Tremblant de village en carton pâte, alors que dire de Niagara Falls ? La ville n’a aucun charme. Amas étrange de bric et de broc, elle semble s’être formée uniquement sur la renommée des Chutes. Entre boutiques de souvenirs de plus ou moins bonne qualité et attractions démodées, on a l’impression d’être en face d’une caricature de Las Vegas, sans les casinos et la démesure. Est-ce que des gens y vivent vraiment ? J’ai de sérieux doutes.

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Les Chutes, la nuit et hors événements spéciaux, sont éclairées de fort belle manière, mais impossible à capturer adéquatement avec mon matériel photo d’alors. Comme vous pouvez le voir, je vous ai quand même mis une photo plus pour sauver les meubles que par souci esthétique.

Résumons : quand on vient aux Chutes du Niagara, c’est uniquement pour les chutes, pas pour ce qu’il y a autour. Mais si vous avez le loisir de vous éloigner un peu des sentiers battus, la région est particulièrement renommée pour ses vignes. Un village comme Niagara-on-the-Lake est plus calme, un peu moins fréquenté, et l’ambiance qui y règne est tout à fait différente. Si je retourne un jour dans la région, ce ne sera d’abord certainement pas dans le cadre d’un voyage organisé. Ensuite, il est probable que je ne m’arrête pas à Niagara Falls. J’irai plutôt dans l’arrière-pays qui me semble bien plus riche et authentique.

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Pour terminer, je me sens obligé de préciser l’existence d’autres chutes d’eau au Canada, à peine moins exceptionnelles mais surtout aussi moins fréquentées. Je pense bien sûr aux Chutes Montmorency, près de Québec. Si ça vous intéresse, je ne manquerai pas de vous donner plus de détails à ce sujet !

En pratique :
Pour ceux qui souhaiteraient se rendre à Niagara Falls à partir de Toronto, on trouve assez facilement des bus qui font le trajet. Une possibilité est de prendre le GO Train (Lakeshore West à Burlington), puis à Burlington de prendre le GO Bus (Route 12 vers Niagara Falls).
Pour vous donner une idée, la croisière avec les Maid of the Mist coûte $19,75 par personne.

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