Excursion à la cabane à sucre, Québec

Ce n’est pas un secret, le sirop d’érable a depuis longtemps été élevé au rang de produit national au Canada, et notamment au Québec où pousse une grande quantité d’érables. Dès que l’écart entre les températures du jour et de la nuit est plus important, les érables se mettent à produire une importante quantité de sève. Afin de recueillir cette eau sucrée, des pots en métal sont posés sur les érables. Cette récolte correspond à ce qu’on appelle le temps des sucres.

Tandis que l’acériculteur entaille l’écorce des érables, un autre processus se met en marche. Entre février et avril, c’est en effet le moment où les québécois émergent de leur hiver rigoureux, prêts à fuir les villes et à envahir la campagne. Un comportement qui vous paraît étrange ? Détrompez-vous, c’est tout à fait normal. Le temps des sucres s’accompagne de l’ouverture des cabanes à sucre, une véritable tradition.




Tout québécois qui se respecte s’y rend au moins une fois dans l’année, que ce soit en famille, entre amis ou avec ses collègues de bureau. Tout le monde embarque en voiture et fait le voyage de la ville à la campagne, directement chez le producteur, pour s’installer dans l’une de ces cabanes. Au menu, un grand repas constitué de spécialités tels que la soupe aux pois, les oreilles de crisse, le jambon à la bière de l’érablière ou encore les cretons de veau pour n’en nommer que quelques-uns.

Pour le touriste qui veut se joindre à la fête et aller à son tour se “sucrer le bec”, la route qui mène à la cabane à sucre peut être longue et sinueuse. Littéralement. A moins de posséder une voiture, il n’est pas simple d’aller jusque-là. C’est grâce à Barry, mon compagnon de voyage favori, que j’ai eu connaissance de voyages organisés permettant d’y arriver en autobus, et surtout des escapades offertes par le Réseau de transport métropolitain (EXO).

C’est donc un samedi matin, vers 10h, que nous nous sommes présentés à la Gare Centrale de Montréal pour prendre un train de banlieue, direction Deux Montagnes ! Les escapades proposées par EXO sont des formules comprenant le transport en train jusqu’à la cabane à sucre, ainsi que le repas et les activités sur place. Je n’avais jusque là jamais pris le train au Canada et c’était donc aussi l’occasion pour moi de découvrir à quoi ressemblait ce mode de transport là-bas. Bon, ce n’est pas très différent des trains européens.

A la descente du train, on se rends bien vite compte que nous ne sommes pas les seuls à participer à la journée. D’autres voyageurs se joignent à nous pour grimper à bord des bus scolaires qui nous mèneront de la gare de Deux Montagnes à la cabane à sucre proprement dite. Dans le bus, les gens discutent gaiement entre eux, l’ambiance est bon enfant, notamment grâce au soleil qui marque ce qui ressemble à la première journée de printemps.

Après un court trajet, nous débarquons à l’orée d’une forêt d’érable, face à un champ. Un panneau indique l’entrée de la cabane et il suffit de faire quelques pas pour l’apercevoir. Ce n’est pas l’endroit rustique que l’on peut s’imaginer. Certes, la cabane est construite en bois mais l’ensemble est relativement moderne.

Eric PortelanceNous pénétrons immédiatement à l’intérieur pour découvrir une grande salle dans laquelle de longues tables sont disposées. De nombreux convives y sont déjà installés et on nous indique que nos places sont réservées dans une salle annexe. Notre groupe traverse donc ce restaurant géant et j’en profite pour jeter un œil dans la cuisine, ouverte sur le reste de la pièce. Les odeurs qui en sortent font saliver…

Nous prenons place les uns à côté des autres, prêts à apprécier notre repas. Pour avoir eu l’occasion d’aller dans d’autres cabanes à sucre plus réputées où l’espace était plus réduit et les clients moins nombreux, celle-ci présente deux désavantages : il faut apprécier prendre son repas à la table de parfaits inconnus et il ne faut pas être sensible au brouhaha qui se créé bien vite. Ni l’un ni l’autre ne m’ont spécialement dérangé, surtout à partir du moment où les premiers plats sont arrivés à table.

Comme le veut la tradition, marinades, creton et soupe aux pois maison pour débuter. On s’échange pain, beurre et creton avec nos voisins, je découvre les saucisses au sirop (pas fan) et me ressert en patates. Si le sirop d’érable est un invité attendu dans ce repas traditionnel, il y en a un que je m’attendais pas à voir. Un guitariste entre dans la pièce en chantant. Sa chemise carottée est parfaitement assortie avec les nappes et il porte une ceinture fléchée, élément majeur du costume typique québécois. Le brouhaha ambiant se calme pour laisser de la place à ses accords sortis d’un autre temps. Miam, il est temps de passer au dessert.




Le repas se termine et nous ressortons de la cabane. La journée n’est pour autant pas terminée puisque d’autres étapes nous attendent. En premier lieu, un dessert supplémentaire avec la tire sur neige. Prêt pour une toque ? On pose son bâtonnet sur le sirop d’érable versée sur un lit de glace pour le récupérer sous forme de sucette. C’est chaud, doré, sucré et c’est à goûter au moins une fois dans sa vie. Les gourmands en redemanderont.

Pour les autres, il est toujours possible d’en apprendre plus sur l’érable pour comprendre le procédé de fabrication du sirop et des autres produits dérivés. La boutique qui se trouve souvent à côté permet de découvrir l’étendue des possibilités de l’érable et de faire ses réserves, certains québécois n’hésitant pas à repartir avec plusieurs litres dans leurs coffres. par Indiana Dunes National Lakeshore sur FlickrEn train, forcément, ça passe moins bien.

Je délaisse la visite de l’écurie (je ne viens pas là pour les animaux de ferme mais ça amuse manifestement les enfants) pour m’ajouter au groupe qui attend près d’une carriole. Serrés les uns contre les autres, nous nous laissons promener au rythme du pas du cheval, qui déambule dans la forêt d’érables. Malgré le soleil, les arbres décharnés et le vent d’un froid vif nous rappelle que l’hiver n’est pas tout à fait fini. En parlant des arbres… Je repère les seaux qui y sont accrochés, sans doute pour recueillir la précieuse sève.

Bon, en fait, je n’avais aucune idée de la raison de la présence de ces seaux mais le hasard faisant bien les choses, il y avait justement un conteur présent pour expliquer toute l’histoire du sirop d’érable. Un conte destiné d’abord aux enfants, mais qui permettait de mieux comprendre le procédé de récolte.




Après cet interlude, nous sommes revenus vers la cabane. L’après-midi tirait à sa fin et il était déjà temps de repartir vers Montréal. L’itinéraire est connu : d’abord l’autobus, puis le train. L’avantage avec cette formule, c’est qu’il suffit de se laisser porter.

Malheureusement, EXO n’a plus l’air de proposer cette escapade – son site n’en fait plus du tout mention. C’est dommage parce que L’activité était vraiment plaisante et il était enfin possible pour ceux qui ne possédaient pas de voiture de profiter de la cabane à sucre. Pour les courageux qui souhaiteront tenter l’aventure à tout prix (et elle vaut le coup ! ah, cette tarte aux pacanes…), il faudra jeter un œil du côté des voyages organisés ou de prendre le train pour se rendre en campagne, certaines cabanes à sucre proposant de venir vous chercher à la gare.

Si vous souhaitez contacter EXO pour les interroger à ce sujet, voici leurs coordonnées :
Tel : 1 888-702-TRAM (8726)
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