Virée au Lac de Côme

Ne me demandez pas pourquoi, une virée au Lac de Côme m’évoque instantanément la scène d’introduction d’un James Bond, où l’agent secret de sa majesté ferait rugir un bolide italien décapotable le long d’une route escarpée qui longerait ledit lac. Dans la pratique, ce n’est pas du tout de cette manière que j’ai découvert la région, puisque j’ai tout simplement débarqué à Côme un matin après avoir pris le train depuis Milan. Oui, c’est moins classe.

Comme pour aller à Varèse, c’est depuis la station Domodossola que j’ai quitté Milan à bord d’un train régional. Les trains régionaux sont opérés par une société différente des trains nationaux, à savoir Trenord, et on peut les prendre dans l’une des nombreuses gares de Milan. L’avantage de ces trains, c’est qu’ils sont relativement peu chers (comptez moins de cinq euros pour aller de Milan à Côme), relativement confortable et qu’ils vous déposent directement au centre-ville. C’est le moyen de transport idéal pour explorer la région autour de Milan.

Après un trajet d’environ une heure, j’arrive en vue des massifs montagneux entourant le Lac de Côme. Je me rends compte que je n’ai aucune idée du nom de la gare à laquelle descendre, et quand le train fait halte à la gare de Como Nord Borghi, je sors du train en croisant les doigts. Je me suis rendu compte bien plus tard que ce n’était pas la bonne station ou, en tout cas, pas la plus pratique. En descendant à la station suivante, à savoir Como Nord Lago, on arrive directement au bord du Lac de Côme, et on accède au centre-ville en moins de cinq minutes à pied. Pourtant, à moins d’être pressé, je vous recommanderai de reproduire mon erreur. En commençant ma visite de Côme depuis la gare de Borghi, j’ai pu la découvrir sans les nombreux touristes déjà présents près du lac, à mon rythme (note au voyageur : le hasard fait souvent bien les choses).


La vieille ville de Côme se compose principalement d’un dédale de petites ruelles dans lesquelles on flâne volontiers, celles-ci étant majoritairement piétonnes. Ce n’est qu’en se rapprochant du lac que les voitures font leur retour. Mais avant d’y arriver, vous devriez apercevoir la Cathédrale de Côme, un bâtiment remarquable (c’est la dernière cathédrale gothique construite en Italie) qui vaut qu’on y fasse un arrêt improvisé. Non seulement elle projette une ombre bienvenue en plein été, à laquelle il fait bon s’abriter, mais en plus, l’intérieur est magnifique. De mon expérience, il est difficile de rester de marbre face à l’architecture et aux ornements des édifices religieux italiens et cette cathédrale en est une nouvelle fois la preuve.

Contrairement aux autres églises que j’ai eu l’occasion de visiter en Lombardie, l’entrée n’est pas libre, puisque une donation d’un euro symbolique est demandée. Ce n’est pas énorme et, encore une fois, si vous êtes un tant soit peu sensible à l’architecture, vous ne devriez pas le regretter. On entre dans la Cathédrale non pas par la porte principale mais par le côté gauche du bâtiment, par la porte de la grenouille. Je n’ai trouvé aucune grenouille dans les ornements qui entouraient la porte, mais il doit y avoir un explication (si vous la connaissez, merci de me l’indiquer en commentaire !). Outre son imposante coupole, ce sont les tapisseries et les peintures qu’on remarque à l’intérieur.

Que vous soyez ou non intéressé par la Cathédrale, vous devriez ensuite continuer à descendre jusqu’aux bords du lac. De mon côté, j’avais beau avoir déjà été charmé par la ville et par sa cathédrale, c’est en découvrant le lac que j’ai vraiment compris pourquoi j’étais venu jusque là. Le panorama est splendide, avec le lac, les villages éparpillés sur ses bords et les montagnes qui encerclent le tout. Un vrai coin de paradis.

Voir le lac sous tous les angles

Vu qu’il n’était pas encore l’heure de déguster la traditionnelle gelato, je me suis mis en quête de la meilleure manière de découvrir rapidement le lac de Côme. En une journée, si on veut à la fois profiter du village et du lac, il n’y a pas un millier de possibilités. Soit on se contente de se promener sur le trottoir qui longe l’étendue d’eau, soit on monte à bord d’un des bateaux qui proposent d’en faire un tour rapide. Après quelques instants d’hésitation, j’ai pris place dans l’embarcation.

Pour 5 euros par personne, ce type de bateau vous emmène faire une demi-heure de balade sur le lac, en en vous indiquant les points d’intérêt lorsque vous passez à côté. Se retrouver, ne serait-ce que quelques instants, au milieu du lac, a quelque chose de revigorant et se faire fouetter le visage par le vent plaira autant aux petits qu’aux grands. Mon conseil, si vous optez vous aussi pour cette solution, serait de rester sur le pont du bateau et de ne pas aller vous asseoir à l’intérieur. Si vous avez de quoi vous protéger du soleil, vous verrez plus de choses. De mon côté, pour le prix, j’étais tout à fait satisfait de la promenade.

C’est en revenant vers le port que j’ai aperçu pour la première fois le funiculaire de Côme-Brunate. Comme le nom l’indique, ce funiculaire permet d’aller de Côme à la commune de Brunate, perchée cinq cent mètres plus haut. Je savais que le funiculaire existait mais je ne m’étais pas encore décidé à l’emprunter. J’ai failli être découragé en arrivant devant la station (très mignonne d’ailleurs, façon chalet tout en bois) par la file de gens qui attendaient leur tour. Le soleil tapait fort ce jour-là et je n’avais aucune envie de subir ses foudres. Heureusement, j’ai persévéré et la file a finalement avancé assez rapidement.

Pour un peu moins de 6 euros, on arrive rapidement à la station de Brunate, à partir de laquelle on a déjà une superbe vue sur Côme en contrebas. Mais ce n’était pas ma destination. J’avais vu qu’il y avait plusieurs sentiers sur lesquels se promener depuis Brunate, et celui qui m’intéressait permettait d’atteindre le phare Volta, nommé en l’honneur du fameux Alessandro Volta, pionnier de l’électricité. Je n’ai découvert que longtemps après qu’il existait également un Temple Volta dans Côme, qui abrite un musée dédié au fameux physicien. Du coup, je me suis contenté du phare.

Le sentier qui y mène commence par longer un quartier résidentiel de Brunate avant de laisser peu à peu place à la nature. En me renseignant sur place, j’avais lu des avis selon lesquels le sentier était difficile mais c’est loin d’être le cas. Certes, ça grimpe tout du long et de manière assez abrupte, mais pour peu qu’on ne se promène pas en hauts talons, c’est tout à fait faisable en une demi-heure. Le phare attend au sommet, surplombant le lac. La vue est imprenable depuis ce point de vue et récompense largement les efforts produits pour arriver jusque-là. Bon, l’accès en voiture est également possible, mais tellement moins gratifiant ! Pour monter dans le phare lui-même, il faudra compter 2 euros par personne, mais on peut tout à fait se contenter de rester à ses pieds pour profiter du cadre.

En redescendant en ville, la journée touchait déjà à sa fin et je me suis contenté de trouver un endroit où manger avant de reprendre le train vers Milan.

Autour du Lac de Côme

Cette première journée à Côme m’a beaucoup plu, au point que, lorsque je me suis retrouvé sans occupation à Milan le temps d’une journée, j’ai décidé d’y revenir pour aller plus loin. Comme je l’ai déjà dit, il est impossible de voir Côme et d’explorer le lac en une seule journée. En passant un deuxième jour sur place, mon objectif était donc de quitter Côme pour aller explorer un des autres villages qui bordent le lac, et plus particulièrement Bellagio, surnommé “la perle du lac”.

Pour y arriver, sans voiture, il n’y a qu’une seule solution : emprunter un des ferrys de la compagnie Navigazione Laghi, qui vogue quotidiennement sur le lac et procède à des allers et retours entre les différents villages. Il existe plusieurs type de ferrys, à savoir les réguliers et les fast boats. Les ferrys réguliers font le tour du lac, permettant d’aller de Côme à Bellagio en deux heures, alors que les fast boats n’assurent les liaisons qu’entre certains villages, ce qui réduit le temps de trajet entre Côme et Bellagio à 45 minutes. La différence entre les deux options ? Le prix, bien sûr ! De mémoire, il fallait compter 9 euros pour un trajet sur le ferry régulier alors que celui en fast boat montait à 14 euros par personne. Mon temps sur place étant compté, je n’ai pas hésité longtemps et j’ai pris un fast boat.

Après quelques arrêts à d’autres villages, j’ai débarqué dans le petit village de Bellagio. Je suis tout de suite tombé sous le charme de ses petites ruelles tortueuses et des escaliers. On a vite fait le tour, mais on peut aisément prendre quelques heures pour s’y perdre et profiter du calme qui y règne. Au niveau visite, je n’ai malheureusement pas repéré grand chose. L’église du village est loin d’être aussi impressionnante que la Cathédrale de Côme et ne justifie pas la visite. Il y a par contre, un peu à l’écart du village même, la Villa Melzi et son jardin botanique. L’entrée n’est pas gratuite (comptez cinq euros) mais il paraît que les jardins valent le coût.


Pour ma part, j’ai préféré marcher le long de la promenade qui longe le lac qui, avec ses arbres et ses fleurs, offre un cadre idyllique pour s’asseoir et contempler le lac de Côme. Il n’y a pas grand chose d’autres à espérer, et certainement pas s’y baigner. A la pointe de Bellagio, je suis tombé sur un endroit où il y avait moyen de tremper ses pieds dans l’eau, voire un peu plus, mais le bord du lac était composé de pierres et de galets et on voit bien que ce n’est pas du tout prévu pour ça. De manière générale, le Lac de Côme n’est vraiment pas conseillé pour la baignade.

Du coup, est-ce que je vous conseillerais de consacrer une journée à la découverte de Bellagio ? A priori, non. Entre le coût du ferry et le peu de choses à faire sur place, c’est un luxe plus qu’autre chose. La journée estivale que j’y ai passé n’en a pas moins été agréable et, pour ceux qui parcourraient la région en voiture, qu’il s’agisse d’une Aston Martin ou pas, il peut-être intéressant d’y faire une halte. Pour les autres, Côme devrait se suffire à elle-même.

Si vous voulez en savoir plus sur mon séjour à Côme ou pour découvrir d’autres excursion d’un journée à faire depuis Milan, je vous invite à réécouter l’épisode dédié à la Lombardie de Partir Un Jour, podcast mensuel sur le voyage que je co-anime en compagnie d’Aurélie. Vous pourrez aussi trouver tout un tas d’informations pertinentes sur le site officiel de la ville de Côme.

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