Sous le charme de la Drôme – Partir Un Jour #15

Vous sentez ces arômes de nougat, ces parfums de lavande ? C’est ainsi qu’on pourrait résumer la Drôme, ce département français situé entre l’Ardèche et l’Isère. Avant de m’y rendre, je n’en connaissais rien, ou presque, et j’arrivais encore moins à le placer sur une carte (honte à moi, je sais). Au cours des deux semaines que j’y ai passé au mois de juillet dernier, je n’ai cessé d’être surpris par la diversité des paysages et des activités que j’y découvrais. C’est évident, j’ai été charmé par la Drôme.

Comme en écho à mon roadtrip dans l’ouest américain, j’ai décidé de découvrir la région avec la même philosophie, en la traversant en voiture. De la Drôme des collines à la Drôme provençale, j’ai ainsi pu découvrir une partie de la France où il fait bon vivre et qui se prête parfaitement au slow travel. Prendre son temps, profiter de son environnement, respirer… bref, de vraies vacances. Que vous y alliez comme moi pour un séjour estival ou que vous prévoyiez seulement d’y faire un saut, le temps d’un week-end par exemple, c’est l’occasion de vous reposer, mais aussi de faire de la randonnée ou d’aller à la rencontre d’une de ses nombreuses curiosités.

Nous vous emmenons faire un tour en Drôme dans le quinzième épisode de Partir Un Jour, le podcast voyage mensuel que j’anime en compagnie d’Aurélie, du blog Saut de Puce. Nous y abordons nos coups de cœurs, nous revenons sur notre itinéraire complet sur place et nous vous y partageons nos quelques mésaventures (c’est ce qui met du sel dans le voyage !).



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Le Palais idéal du Facteur Cheval

Ma première étape fut Hauterives, au Palais idéal du Facteur Cheval. L’ouvrage, unique en son genre, est l’œuvre d’un homme, Ferdinand Cheval, facteur de son état. Il fit d’abord le rêve de ce palais avant de se décider à passer à l’action lors d’une de ses tournées, en tombant sur une pierre incongrue. Le résultat est pour le moins surprenant, surtout lorsqu’on imagine qu’il fallut une trentaine d’années à Ferdinand Cheval pour arriver au bout de son rêve. L’œuvre d’une vie !

J’avais entendu parler du Palais idéal l’année passée, à l’occasion de la sortie du film réalisé sur le sujet par Nils Tavernier. J’en avais cependant vu peu de photos et rien ne m’avait préparé au spectacle de ce monument d’Art Naïf. D’inspiration diverses – Ferdinand Cheval s’est notamment inspiré des visuels des cartes postales qu’il distribuait au cours de ses tournées – le Palais compte une multitude de détails. C’est bien simple, j’en ai fait plusieurs fois le tour pour découvrir à chaque fois de nouveaux éléments.

Tandis que certaines formes évoquent Gaudi, d’autres font penser à un temple d’Asie. Mais ce qui a particulièrement attiré mon regard, ce sont les multiples inscriptions qu’on retrouve un peu partout qui ramènent au monde du rêve, du fantastique. On découvre aussi un tombeau au milieu de la construction, puisque c’est là que le facteur souhaitait être enterré. Ce n’était malheureusement pas légalement possible et il a donc bâti lui-même son mausolée dans le cimetière de Hauterives, à découvrir si vous voulez compléter la visite. J’ai dû pour ma part le laisser de côté, épuisé par la canicule qui régnait lors de ma visite.

Une visite se veut aussi accessible aux enfants, puisqu’un livret leur est délivré en fonction de leur âge. Il les invite notamment à retrouver certaines figures entre les coquillages, les escargots et les autres animaux qui agrémentent les murs du Palais. Très ludique, elle permet aux plus petits de profiter du Palais en grimpant sur sa terrasse, en pénétrant à l’intérieur ou en l’observant simplement à bonne distance. Un petit espace muséal est également présent pour ceux qui voudraient en savoir plus.

Notez qu’il peut y avoir beaucoup de monde en haute saison. En pleine canicule du début juillet, c’était relativement calme, mais il est souvent conseillé de visiter le Palais tôt le matin pour éviter la foule.

Crest et sa tour

J’ai ensuite pris la route de Crest et de sa fameuse tour, un donjon médiéval s’élevant à 52 mètres de hauteur. Vendu comme étant le plus haut donjon de France, sa silhouette impressionne avant même d’arriver à ses pieds, perché sur son piton rocheux. Si on peut tout à fait y accéder depuis le centre de Crest en grimpant à pied, c’est à l’aide de la voiture que j’ai monté les côtes qui menaient à son parking. Le soleil et la chaleur qui régnaient encore ce jour-là ont réussi à me décourager d’effectuer une telle activité sportive…

Dès l’entrée dans le donjon, on apprécie les efforts de mise en scène qui ont été effectués. Le hall résonne d’une ambiance sonore travaillée donnant l’impression d’avoir pénétré dans un château hanté… Effet garanti sur les plus jeunes. Des portes grincent, des pas martèlent le sol et on en profite pour explorer les différents étages de ce lieu. Car l’ascension n’est pas finie ! Du rez-de-chaussé, il y a cinq niveau à parcourir avant de déboucher sur le toit de la tour. On apprend ainsi que celle-ci faisait par le passé partie d’un château plus imposant, que celui-ci fut démantelé sous l’ordre de Richelieu mais que la tour fut conservée pour servir de prison…

Des traces de ce passé subsistent et on déambule dans les anciennes cellules en observant les restes des dessins que les détenus avaient tracés sur les murs (on y reconnaît par exemple la figure de d’Artagnan). Mais ce qui m’a le plus impressionné, ce sont les combles de la tour : il s’agit de l’ancienne toiture, construite à deux pentes inversées pour recueillir l’eau de pluie mais celle-ci a été recouverte par un toit de tuiles plus efficace contre les intempéries. Ce n’est pas tous les jours qu’on gambade gaiement sur l’ancien toit d’un donjon, en particulier un toit aussi irrégulier ! Les dernières marches mènent au sommet de la tour, pour embrasser un panorama à 360° sur la région.

J’ai adoré ma visite de la Tour de Crest qui était tout le contraire du vestige moyenâgeux poussiéreux auquel je m’attendais. J’ai aussi beaucoup apprécié Crest elle-même, dans laquelle je me suis promené ensuite. La vieille-ville est un dédale de petites rues pavées et d’étroits passages dans lesquels on imagine sans mal la vie au temps de la construction de la tour. Une tour qui semble toujours veiller sur la ville puisqu’on l’aperçoit presque de partout…

Se promener dans les villages perchés

Si j’ai beaucoup aimé Crest, il en va de même pour les nombreux villages de la Drôme que j’ai traversé par la suite. C’est bien simple, à chacun de mes trajets, j’étais obligé de m’arrêter dans l’un d’eux tant ils m’attiraient. Avec leurs petites rues à peine assez larges pour permettre la circulation en voiture, leurs maisons de pierres et leurs vieux lavoirs, ils ont un charme fou.




Pour rayonner un peu dans la région, j’avais choisi de dormir dans le village de Bourdeaux et j’en ai profité pour en explorer les moindres recoins. Les ruines d’un château médiéval dominent le village et on peut facilement monter à leur pied pour avoir un beau panorama sur la vallée alentours. Je vous conseille d’ailleurs de faire un tour à l’office de tourisme qui, outre cette balade historique dans Bourdeaux, propose plein de bonnes idées de randonnées dans le coin.

On m’y avait d’ailleurs recommandé d’aller faire un tour à Dieulefit, autre village situé à quelques kilomètres de là, pour découvrir son marché. Le marché est effectivement très plaisant, prenant place au coeur de la vieille-ville, mais même sans lui, le village vaut le détour. Outre sa riche histoire moyenâgeuse dont les traces s’observent dans les vieilles bâtisses, dans le nom des rues ou dans la manière dont celles-ci s’entremêlent, Dieulefit joua aussi un rôle important d’accueil durant la Seconde Guerre mondiale. On parle ainsi de “miracle de Dieulefit”, puisqu’aucun des réfugiés qui y ont séjourné n’ont été dénoncé…

Autre village perchés sur les hauteurs à proximité de Bourdeaux, Poët-Célard m’a également marqué par son atmosphère. Minuscule en taille, mais très agréable par une autre chaude journée d’été, ça a été très agréable de me perdre le temps d’une heure dans ses rues pavées entre ombres et soleil en montant jusqu’à son château. Celui-ci a été parfaitement restauré mais ne se visite pas.

La Drôme provençale se prête donc parfaitement à un roadtrip. C’est un véritable plaisir d’aller de village en village en roulant toutes fenêtres ouvertes dans des paysages parsemés de champs de lavande.

Aller manger du Nougat à Montélimar

Montélimar est évidemment un incontournable quand on se trouve en Drôme. Ce fut LA pause gourmande de mes vacances, l’occasion de goûter au fameux nougat de Montélimar. Sans surprise, il était aussi bon qu’attendu et j’en ai profité pour en faire quelques réserves. Il y a bien des endroits où se fournir dans la région mais je vous conseille le Musée du Nougat Arnaud Soubeyran pour pouvoir en apprendre un peu plus sur l’histoire du nougat dans la région avant de passer à la dégustation.


Passer une journée à Montélimar peut aussi être l’occasion d’aller faire un tour au Château des Adémar. Si ce palais médiéval, perché sur les hauteurs de la ville, a été en partie détruit, il en reste encore une partie dans laquelle pénétrer. Attention par contre, ne vous attendez pas à des intérieurs meublés et décorés. Le Château des Adémar a été transformé en Centre d’Art Contemporain et accueille aujourd’hui diverses expositions. Bien que n’étant pas très porté sur l’art contemporain, j’ai poussé la porte avec curiosité et bien m’en a pris. Non seulement l’exposition était intéressante et ludique, mais en plus, c’est l’occasion de se promener dans l’ancienne cour du château, dans sa chapelle ou sur ses remparts.


Je n’ai pas eu le temps de m’attarder longtemps dans Montélimar mais si vous êtes sur place en famille, pourquoi ne pas aller faire un tour au jardin public pour profiter de son cadre, de son aire de jeux, et pourquoi pas manger une glace.

Voir le château de Grignan

Un dernier château pour la route ? Entre la Tour de Crest et le Château des Adémars, vous allez croire que je fais une fixette sur les édifices moyenâgeux. Sans aller jusque-là, je reconnais que je suis bien souvent attiré par ces lieux chargés d’histoire, et la Drôme est plutôt bien fournie à cet égard. Prenez le château de Grignan, par exemple. S’il date à peu près de la même période que le château de Montélimar, la visite qu’on peut en faire est tout à fait différente.

Et pour cause ! Le château de Grignan n’a pas été transformé en centre d’art contemporain mais propose bien de visiter un véritable palais Renaissance, avec ses intérieurs meublés et décorés, tapisseries aux murs, ses cabinets d’ébène et autres lits en baldaquin. On peut ainsi admirer les nombreuses salles du château dans lesquelles séjournèrent François 1er (le temps d’une nuit) et surtout Madame de Sévigné. Cette dernière y viendra à trois reprises et finira par y mourir, non sans avoir marqué son temps par sa fameuse correspondance avec sa fille.

L’autre partie du château à ne pas manquer, ce sont ses terrasses. De par la position avantageuse de l’édifice sur sa région, elles offrent une superbe vue sur les alentours, à la manière de la Tour de Crest. Par temps clair, on peut même apercevoir le mont Ventoux. Si pour une raison étrange, vous préférez éviter de vous rendre à Grignan mais que vous cherchez tout de même à visiter un château avec son décors et ses meubles de l’époque dans la Drôme… c’est que vous cherchez les problèmes. Mais puisque la vie est bien faite, vous pourrez toujours trouver votre bonheur à l’autre château de la Drôme, celui de Suze-la-rousse.

Faire une balade dans le Vercors

A cheval entre l’Isère et la Drôme, le Vercors regorge de paysages fantastiques. Pour y être monté depuis Die, la vue est magnifique dès qu’on prend de la hauteur. Je suis parvenu au col du Rousset, une des stations de ski de la Drôme des montagnes, qui accueille l’hiver toutes les activités qu’on est en droit d’attendre de ce type de lieu : luge sur rail, trottin-herbe, descentes en VTT, etc… Je me suis contenté d’emprunter le télésiège pour atteindre le sommet et, de là, redescendre à pied.

Mais la promenade qui m’a le plus marqué dans le Vercors est celle que j’ai faite au départ du Font d’Urle. Il s’agit également d’une station de ski, moins grande que celle du col du Rousset, et elle accueille le même type d’activités d’hiver (ski alpin, raquettes, …). Surtout, elle se prête aussi très bien l’été à la randonnée. Si vous êtes en famille ou à la recherche d’une balade facile à faire (après tout, on est pas en vacances pour finir sur les rotules), le sentier du Karst est fait pour vous.

Le Karst, c’est la formation géologique issue de l’érosion des roches comme le calcaire qui est la base de la région. Tout le plateau du Font d’Urle est creusé de grottes, de puits ou de crevasses. Un terrain de jeu idéal pour les marmottes, que j’ai eu la chance de pouvoir observer à plusieurs reprises. Comme je le disais, la promenade donne accès à des panoramas grandioses, mais elle est aussi ludique via le livret distribué par l’office de tourisme de la Chapelle en Vercors. On en apprend plus sur les habitudes des bergers dans la région, sur le Karst et ses particularités, mais donc aussi sur la faune qui le peuple.

Il faut au moins une heure et demi pour faire le tour des 6 kilomètres de sentiers, mais je pense que j’y ai passé largement plus de deux heures à prendre des photos du paysage, à me planquer pour attendre que les marmottes sortent ou à m’écarter légèrement du chemin pour aller observer d’étranges amas rocheux. Et si vous en voulez plus, il y a possibilité de continuer jusqu’au Col de la Chau en passant par le Puy de la Gagère. A réserver aux plus aventureux.

Aussi abordé dans l’épisode

Il y a bien d’autres choses à faire dans la Drôme, comme descendre dans une grotte (celles de Thaïs ou celle de La Luire) ou faire de longues promenades, que ce soit accompagné d’un âne ou pas. J’ai en tout cas adoré mon séjour dans la région et, si j’ai l’impression d’avoir presque tout vu après deux semaines sur place, je sais bien que je suis passé à côté d’autres points d’intérêt qui justifierait de retourner dans la Drôme… Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à me les proposer en commentaires !

J’espère que vous avez apprécié ce quinzième épisode de Partir Un Jour. Si c’est le cas, je vous invite à vous y abonner sur Apple Podcasts ou via votre application de podcasting préférée sur Android.

Je tiens à remercier l’Office de Tourisme de la Drôme pour les précieux conseils, ainsi que le Musée du Nougat et le Château de Grignan pour leurs invitations.

2 Replies to “Sous le charme de la Drôme – Partir Un Jour #15”

  1. Bonjour, déjà Hauterives n’est pas dans la Drôme,!!!!!! et puis vous avez oublié le noorrd de la Drôme !!!!!!! Manthes, Moras, Anneyron, St Vallier, Châteauneuf de Galaure, ……… st Donat, et tant d’autre villages qui ont tous une histoire.

    1. Bonjour Daniel,
      A ma connaissance, qui correspond aussi à ce qu’affirment l’office de tourisme de la Drôme et Wikipédia, si, Hauterives est bien situé dans la Drôme. Par contre, si je ne me trompe, Moras est dans l’Isère.
      Merci pour votre commentaire en tout cas, ça me donne envie de retourner en Drôme et de voir tout ce que j’ai manqué !

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