Chicago et moi

Habituellement, lorsque quelqu’un exprime l’envie de voyager aux États-Unis, c’est d’abord en parlant de New York. La grosse pomme remporte tous les suffrages, bien avant les autres villes de la côte Est. A tort à mon avis, puisque j’ai préféré de loin visiter Chicago que New York. Pourtant, Chicago ne m’attirait pas forcément au départ. La ville des vents sait se faire discrète et ses vertus ne sont pas connues de tous (l’office de tourisme a encore du pain sur la planche).

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Pourtant, Chicago est une ville très présente dans la pop-culture, comme à la fin de Blues Brothers ou dans Tintin en Amérique pour ne citer que deux exemples. Aussi, lorsque Barry m’a proposé d’y passer quelques jours, il n’a pas eu à trop argumenter pour me convaincre, tant les images que sa proposition m’évoquait étaient nombreuses. Parmi ces images, mon passé s’est rappelé à moi de manière étonnante. Contrairement à ce que je croyais, Chicago ne m’était pas inconnue ! J’ai découvert pour la première fois la ville durant mon adolescence, par le biais d’un jeu vidéo. Qui a dit qu’ils ne pouvaient pas être éducatifs ?

Sur les routes de Chicago

Midtown Madness n’était pas qu’un simple jeu de voiture. Datant de l’époque où Microsoft avait encore une division jeux PC digne de ce nom, Midtown Madness était un précurseur des jeux aux mondes ouverts, où le joueur était libre de déambuler à sa guise. Un premier pas vers ce qui deviendrait GTA dans la forme qu’on lui connaît actuellement, sauf qu’on restait ici dans sa voiture et qu’il n’y avait pas de violence (si par mégarde, on montait sur les trottoirs, les piétons se plaquaient contre les murs des bâtiments plus vite qu’un supersonique).

J’ai arpenté les rues de Chicago dans Midtown Madness un tel nombre de fois que j’en ai perdu le compte. Du quartier chinois aux quartiers résidentiels du nord de la ville, aucune ruelle n’avait de secret pour moi. J’ai depuis longtemps arrêté d’y jouer mais je me rappelle encore parfaitement les longues avenues rectilignes menant aux espaces verts qui couvraient l’est de Chicago ou au Navy Pier, cette fête foraine ouverte sur les bords de lac Michigan.

Inutile de dire que j’ai donc embarqué dans l’avion sans avoir emporté avec moi le moindre plan !

Les yeux fermés

Comme souvent avec une ville nord-américaine, la découverte débute avec l’arrivée à l’aéroport. O’Hare n’est pas le premier venu, puisqu’il s’agit d’un des cinq aéroports les plus fréquentés au monde et force est de constater que tout y est mis en œuvre pour proposer aux voyageurs l’expérience la plus fluide possible. Le lieu est immense mais Barry et moi avons à peine dû chercher notre chemin pour trouver comment rejoindre la ville.

(c) Daniel Schwen

Direction le sous-sol ! A O’Hare, la gare est souterraine, comme à Copenhague, mais en beaucoup plus simple. Le métro part de là et rejoint en une quarantaine de minutes le centre ville. Desservie Z4 heure sur 24, on ne peut vraiment espérer mieux en termes pratiques. Nous sommes bien vite descendus à la station Jackson et le grand moment est arrivé. Nous sommes remontés à la surface.

Je croyais connaître la ville par l’expérience pixelisée que j’en avais. Il n’en était rien. Je ne sais pas si la technologie était à ce point 937_2239à la ramasse, mais il faut croire qu’à l’époque de Midtown Madness, il était impossible de capturer la grandeur et la magnificence de Chicago dans un jeu vidéo. La ville est impériale. Dès la sortie du métro, son architecture emplit le champ de vision. Comme New York, Chicago est une ville qui s’observe en levant les yeux au ciel. On n’appelle pas ces immeubles des grattes-ciel sans raison…

Était-ce une coïncidence ? Quasiment en face de la station de métro se trouvait ce qui était pour moi l’un des symboles de Chicago : le Flamingo. Ce mobile de Calder rouge vif ne peut pas se manquer, tant il dénote des immeubles de bureau qui l’entourent. Je n’aurais pu rêver mieux comme première rencontre dans les rues de Chicago et c’est donc d’excellente humeur que j’ai suivi Barry jusqu’à notre hôtel, non loin de là.

La boucle est bouclée

Ce centre-ville que nous traversons sans grande hâte, c’est le loop bien entendu. Le loop prend son nom du métro aérien qui encercle ce quartier d’affaire rectangulaire et en forme les limites. Il lui confère une identité unique, un côté industriel chaud et métallique, qui se manifeste à chaque passage d’une rame qui fait vrombir et trembler la structure. Le loop n’a pas toujours été si respectable et son aspect brut rappelle qu’il y a peu, le bruit, la crasse et les odeurs étaient bien différents. Dès les premiers pas dans ce quartier de la ville, c’est l’histoire de Chicago qui se manifeste, à l’ombre des pylônes du métro, entre intrigues et mystères.

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A la sortie de l’hôtel, nous laissons nos pas nous guider plus au nord, vers la Chicago River qui coupe la ville en deux. Une série de ponts mobiles permet de la traverser. Ceux-ci se lèvent par intermittence, pour laisser passer l’une ou l’autre embarcation sur les flots calmes de la rivière. Ces ponts, j’attendais qu’ils soient levés pour foncer à toute allure avec ma voiture sur l’un d’eux et être propulsé dans les airs avant de retomber sur mes roues de l’autre côté. Preuve que les jeux vidéo ne rendent pas fou, je ne tenterais cette fois rien d’équivalent.

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Nous nous arrêtons sur ce magnifique paysage urbain qui s’offre à nous, le soleil se reflétant dans l’eau, les promeneurs longeant les quais par le Riverwalk. Oui, Chicago est une citée démesurée, mais quelques heures à peine en son sein auront suffit à me faire comprendre qu’elle n’a nulle part son pareil. Plus belle que New York, moins oppressante, plus zen, la voilà donc la grande ville Américaine dans laquelle je me sens bien.

Mes premières impressions se sont confirmées tout au long de mon séjour, que je vous détaillerais très bientôt. Alors, êtes-vous maintenant prêts à préférer Chicago à New York ?

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