Si vous cherchez dans les tréfonds du blog, vous verrez que j’ai déjà abordé la question de la gastronomie au Québec. Au risque de me répéter, oubliez la poutine, il y a de nombreuses autres choses à se mettre sous la dent à l’est de Montréal. À l’occasion d’un roadtrip qui m’a mené du Bas-Saint-Laurent jusqu’au Nouveau-Brunswick, en passant par la Gaspésie, j’ai fait plusieurs arrêts gourmands et déniché autant de bonnes adresses. Je vous en fais un petit résumé, ainsi que des mets qui valent le détour. Et s’il n’y a sans doute rien d’inédit ou d’extravagant, vous découvrirez peut-être comme moi des traditions dont vous ignoriez jusqu’ici l’existence.
Au Bas Saint Laurent
Lorsqu’on traverse le Bas-Saint-Laurent, Kamouraska est un arrêt quasi obligatoire. Le village, célèbre notamment pour ses toits si particuliers, est aussi un incontournable pour qui cherche une adresse gourmande. N’importe qui vous le dira : manger à la Grand’Ourse est un incontournable et il faut absolument tester ses guédilles (à la crevette, au homard, au porc braisé…). Avec ses frites maisons, c’est la première adresse de mon roadtrip qui m’a fait réviser mon avis quant aux frites à la québecoise. Quand on connaît les frites belges, la barre est haute ! Et pourtant, celles de la Grand’Ourse tirent leur épingle du jeu.
L’ambiance familiale et l’accueil aux petits oignons vous mettent tout de suite à l’aise dans cette cantine qui rassemble autant des habitués que des curieux de passage. Et si les guédilles vous laissent froid (on ne juge pas), les burgers proposés ici sont, paraît-il, aussi très réussis.
Bonus, restez à Kamouraska pour le dessert ! Si vous cherchez un délice sucré, vous trouverez votre bonheur à La Fée Gourmande, une chocolaterie qui propose autant des crèmes glacées que des mini-crêpes ou des brownies. Je n’y ai pas goûté, mais la poutine glacée (mini-crêpes, crème glacée, coulis de framboise, chocolat et caramel) a l’air d’une tuerie !
En Gaspésie
J’étais arrivé à Sainte-Anne-des-Monts, en Haute Gaspésie, et je cherchais quelque chose à manger sur le pouce aux alentours. En regardant rapidement les avis sur Google Maps, je suis tombé sur La P’tite Bertha, une friterie pour le moins colorée. Une friterie au Québec ? Il y en a en effet quelques-unes. Mais ce n’est pas la promesse des frites qui m’y a attiré, c’est celle d’un bon steamé.
Car outre les frites, on trouve au menu de la P’tite Bertha des sandwiches, des hamburgers, des poutines, des guédilles, mais aussi des hot-dogs, l’autre nom des stéamés (ainsi appelé parce que la saucisse cuite à la vapeur). Ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas mangé un hot-dog québécois que je peux dire que j’en rêvais.
Par contre, La P’tite Bertha ne propose pas de places assises. Il s’agit d’un comptoir et on prend logiquement à emporter. Quelle importance ! On se trouve directement sur les rives du Saint Laurent. On peut aller manger sur la plage ou, si vous êtes chanceux comme moi, dans le kiosque qui la surplombe, face à un incroyable soleil couchant. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais c’est probablement un repas dont je me souviendrais toute ma vie.
À l’autre bout de la Gaspésie, sur la rive Sud, j’ai eu un peu peur en m’arrêtant à Pointe-à-la-Croix, Chez Mamie Yoyo. En m’arrêtant en bord de route, à un restaurant qui semblait faire un peu de tout, je craignais de tomber sur quelque chose de décevant. Mais en fait, c’est une adresse qui s’inscrit dans la grande tradition des Casse-Croûtes !
Historiquement, les premiers casse-croûtes sont apparus au Québec à la fin du 19e siècle, mais ils ont connu de plus en plus de succès à partir des années 70. On en retrouve maintenant aux quatre coins du Québec, le plus souvent à la belle saison. Comme les cantines, les casse-croûtes proposent l’essentiel de la gastronomie québécoise : poutines, sandwiches, pizzas et même fruits de mer ! Le tout dans une ambiance conviviale.
C’est donc de manière tout à fait logique que j’ai opté pour un sandwich au smoked meat. Les amateurs de viande fumée me diront qu’il vaut mieux aller chez Schwartz pour ça, mais pour avoir testé les deux, les sandwiches de Mamie Yoyo n’ont pas à rougir. Dégusté au milieu d’une grande salle à manger, ça a été un chouette moment en famille, et les portions étaient tellement généreuses que personne n’a fini son plat.
Si vous croisez un casse-croûte sur votre route, n’hésitez plus !
Au Nouveau-Brunswick
Je ne suis pas un grand fana des fruits de mer, mais je n’allais pas faire le tour du Nouveau-Brunswick sans goûter à la guédille au homard (aussi appelé lobster roll, si vous êtes dans la partie anglophone). C’est à Bouctouche que j’ai décidé de me laisser tenter : la proximité de l’océan ne me laissait plus aucune excuse.
Est-ce que j’en ai à nouveau mangé durant la suite de mon voyage ? Peut-être pas, mais ce n’était certainement pas la faute au restaurant La Sagouine ! La qualité était clairement au rendez-vous, et si je préfère laisser le homard à celles et ceux qui aiment vraiment ça, la guédille que j’ai mangé là était excellente.
La Sagouine est par ailleurs l’endroit idéal pour goûter d’autres spécialités de l’Acadie, comme le fricot au poulet, le rapé ou la tarte aux côques. Quant aux guédilles, si vous préférez le crabe au homard, ça existe aussi !
En continuant mon tour du Nouveau-Brunswick, je suis arrivé du côté du parc des Rochers Hopewell. Toujours grâce à Google Maps, je suis bien vite tombé sur le Wacky Wonderful Waffles. Après les frites, l’amoureux de Belgique que je suis ne pouvait pas s’empêcher d’y faire arrêt pour goûter à leurs gaufres. Mais ici, il ne faut pas s’attendre à des gaufres liégeoises ou de Bruxelles. Le menu propose des gaufres sandwich : du classique BLT au chicken supreme, en passant par la gaufre pizza ou le waffle-dog (le hot-dog revisité), il y en a pour tous les goûts.
Le Wacky Wonderful Waffles est un autre endroit où manger sur le pouce. Heureusement, quelques tables sont proposées à l’extérieur, ce qui est idéal s’il fait beau. S’il pleut, c’est une autre histoire. Toujours est-il que les gaufres sont épatantes. Il fallait que j’aille à plus de 5 000 km de la Belgique pour trouver le summum de la gaufre salée. Et s’il vous reste un peu creux, il y a là de quoi prendre un dessert glacé !
Bonus
Je vous avais promis cinq arrêts, mais quand on est gourmands, on ne compte pas. Si vous visitez le Québec en été, vous serez peut-être déçus de ne pas pouvoir vous rendre dans une cabane à sucre, une expérience essentielle si on aime la gastronomie québécoise.
C’est comme ça que je suis tombé sur l’Érablière du Cap, une cabane à sucre ouverte toute l’année. Alors, évidemment, ce n’est pas tout à fait la même expérience qu’à la fin de l’hiver, mais pouvoir profiter d’une visite de l’érablière, goûter à l’eau d’érable, manger des oreilles de criss, et déguster de la tire sur la neige, c’était beaucoup trop tentant ! Une bonne expérience que je vous recommande, si vous êtes hors saison.
Moins traditionnel, mais de retour à Montréal, n’oubliez pas de faire un arrêt à la crêperie du marché Jean Talon, vous m’en direz des nouvelles !











