Excursions autour de Tokyo – Partir Un Jour #19

Si on peut facilement consacrer une semaine à uniquement explorer Tokyo et ses différents quartiers, la ville peut aussi servir de point de départ à plusieurs excursions d’une journée. En empruntant le plus souvent un Shinkansen, le train à grande vitesse japonais, on peut se retrouver dans la campagne japonaise en un clin d’œil, loin des buildings, dans des paysages carrément bucoliques. C’est ainsi que, durant mes trois semaines au Japon, j’ai profité de mon temps à Tokyo pour découvrir les villes de Kamakura, Nikko et les alentours du Mont Fuji.

Ces trois destinations ont assez peu en commun, si ce n’est leur point de départ. Kamakura est une ville de bord de mer, Nikko est davantage une ville de montagne, et le Mont Fuji est tout simplement incomparable. Je vous en décris les particularités dans ce dix-neuvième épisode de Partir Un Jour, le podcast voyage que j’anime en compagnie d’Aurélie, du blog Saut de Puce. Nous y abordons ce qui nous a marqué sur place, nos mésaventures, mais aussi les visites incontournables, en passant en revue ce que nous y avons fait. Un épisode bien rempli en légendes japonaises !

Partir Un Jour

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Kamakura

Temps de trajet depuis Tokyo : environ 1 heure.

Kamakura, c’était un peu la visite bonus. Celle que j’avais laissé de côté dans mon itinéraire, avant de la remettre en m’apercevant qu’il me restait une journée de libre. C’est sans doute ce qui explique que j’y suis allé les mains dans les poches, sans trop me renseigner. Résultat, j’y ai peut-être passé ma pire journée au Japon, ce qui est tout relatif en fait. J’y ai vu choses uniques, des lieux incroyables et découvert des légendes étonnantes. Pas si mal pour une “mauvaise” journée.

Une ds visites principale une fois en ville, c’est le temple bouddhiste Hase-Dera. Si vous êtes amateurs de légendes japonaises, c’est un incontournable : entre son impressionnante statue de la déesse Kannon, autour de laquelle le temple aurait été battit en 736, et la grotte Benten-kutsu dans laquelle Kobo Daishi termina sa vie en sculptant des statues dans la roche, il règne sur ce temple une aura mystique.

Kamakura

Mais le temple vaut aussi pour ses jardins fleuris (si vous venez au printemps ou en été), pour ses centaines de statues Jizo alignées avec une précision millimétrique ou pour profiter de la vue sur la mer, le temple étant bâti sur les hauteurs de la ville.

L’autre arrêt obligatoire, c’est bien sûr le Daibutsu de Kamakura. Il s’agit du deuxième plus haut Bouddha assis du Japon, et le premier en extérieur. On le trouve au cœur d’un temple assez dépouillé. A l’origine, il était abrité dans un monument de bois mais celui-ci fut détruit par un typhon. Il a été plusieurs fois reconstruit et détruit par les aléas météorologique, jusqu’à ce qu’on décide de le laisser à l’air libre.

La particularité de cette statue de Bouddha géante, c’est qu’on peut en visiter l’intérieur. En payant un petit supplément, on découvre alors comment la statue est constituée, comment les différentes plaques sont modelées, forgées et soudées pour former un tout. Je précise que l’intérieur n’est pas immense et uniquement éclairé par une minuscule fenêtre, mais ça reste impressionnant à voir.

Si vous planifiez mieux votre visite de Kamakura que moi, vous aurez peut-être aussi l’occasion d’aller voir le temple Engaku-ji, à l’écart du centre-ville. Deuxième plus grand temple de Kamakura, il m’attirait notamment parce qu’il abrite la tombe de Yasujirō Ozu, cinéaste japonais connu pour ses films néoréalistes. J’ai malheureusement dû me contenter d’admirer ses portes closes et je ne pourrais donc pas vous en dire beaucoup plus. Faites attention, les temples ferment tôt (vers 16h30 au printemps) !

Nikko

Temps de trajet depuis Tokyo : Plus de 2 heures.

Pour aller à Nikko, il faut une fois encore emprunter un shinkanzen, avant de changer pour un charmant petit train local. C’est l’excursion d’un jour la plus éloignée de Tokyo que j’ai fait durant mon séjour mais je ne l’ai pas regretté. Au point que je vous conseille sans retenu d’y aller, mais peut-être davantage pour y passer deux jours.

Après avoir vu la mer à Kamakura, Nikko m’a emmené près des montagnes japonaises, puisqu’on les aperçoit dès la sortie de la gare. Ne perdez pas votre temps comme moi et ne cherchez pas à rejoindre les temples de la ville à pied : vous allez perdre au minimum une demi-heure, un temps précieux que vous pourriez consacrer à la découverte du parc national de Nikko (note au voyageur : ne pas sous-estimer les avantages du bus).

Vous saurez que vous approchez du parc national lorsque vous verrez le Pont Shinkyo, un pont traditionnel japonais inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et un des plus anciens du pays. Si ce n’est plus l’original qui surplombe une rivière, mais bien une réplique, il faut avouer qu’il fait son petit effet. Il faut par contre payer pour le traverser, ce que je n’ai pas fait, d’autant qu’on pouvait bien mieux l’admirer à distance.

Mais c’est à l’intérieur du parc national que se cache la perle de Nikko, à savoir le temple Tōshō-gū. Caché dans les bois, cet imposant temple lui aussi inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, est dédié au premier shogun de l’époque Edo. C’est le temple le plus cher que j’ai visité durant mon séjour au Japon (environ 13 euros), mais ça valait largement le détour.

A l’extérieur du temple Tōshō-gū se trouve d’abord une pagode à 5 étages, l’une des rares à l’intérieur desquelles il est possible d’entrer. Manque de chance, COVID oblige, il était impossible d’y pénétrer lors de mon passage. Tant pis, je me suis rabattu sur le temple en lui-même. Il accueille une des plus ancienne représentation des singes de la sagesse, sous la forme d’une fresque.

Temple à Nikko

Vient ensuite la porte Yomeimon, LA porte la plus décorée du Japon. Entre sculptures, gravures et peintures, on ne sait plus où regarder. Le tout est un peu rococo mais impressionne, à l’image du reste du temple. Le plus marquant restent son pavillon tapissée de feuilles d’or (dans lequel il est possible de rentrer) et le mausolée de Tokugawa Ieyasu (premier shogun cité plus haut) avec son tombeau en bois sombre et en cuivre oxydé.

J’ai terminé la visite par le Yakushi, un pavillon à l’intérieur du temple dont le plafond est recouvert par la peinture d’un immense dragon. Très mystique, puisqu’un guide y fait la démonstration suivante : en tapant des mains sous la tête du dragon, un écho retentit. Lorsqu’on tape des mains ailleurs dans la pièce, il ne se passe rien…

Après le Tōshō-gū, je suis redescendu un peu plus bas, vers les Abysses de Kanmangafuchi. Sous un nom un peu théâtral se cache un autre temple, où du moins, les restes d’un temple. Emporté par une crûe de la rivière qui forme les abysses, il ne reste aujourd’hui plus que des statues, un ensemble de Bouddhas Jizō aux bonnets rouges. Le site était particulièrement beau en fin de journée, avec le soleil couchant, mais je suis sûr qu’il doit être aussi très agréable à d’autres moments de la journée.


Si je vous conseille de passer deux jours à Nikko, c’est bien sûr pour explorer plus en détails le parc national de Nikko, dont on ne peut qu’effleurer la surface en un jour sur place. En empruntant un bus à partir de la gare, il est possible de s’enfoncer dedans jusqu’à une zone avec des grands lacs, des cascades et de longues promenades dans des paysages magiques. Je regrette de n’avoir pu le faire, mais le site est a priori à découvrir, que ce soit sous la neige ou sous le soleil…

Le Mont Fuji

Temps de trajet depuis Tokyo : environ 2 heures.

Le Mont Fuji, je l’avais déjà aperçu à deux reprises : la première en allant à Nara, et la seconde en revenant de Kyoto. C’est ce qui m’avait permis de me rendre compte que son sommet peut complètement disparaître dans les nuages. Le défi était donc de pouvoir le voir le plus près dans les meilleures conditions.

J’ai décidé de tenter ma chance en allant jusqu’à la gare de Kawaguchiko, à côté du lac Kawaguchi. Le Mont Fuji est en effet entouré de cinq lacs et le lac Kawaguchi est le plus connu d’entre eux, puisqu’il sert notamment de point de départ à ceux qui veulent escalader le Mont Fuji. De mon côté, je n’avais absolument pas l’intention d’en tenter l’ascension. Si vous souhaitez le faire, attention, c’est assez difficile et à ne pas prendre à la légère.

Pour tenter de trouver le meilleur endroit pour observer le Mont Fuji, j’ai embarqué dans un téléphérique à deux pas de la gare qui permet d’accéder à un point de vue. Très touristique, avec une boutique au sommet, ce point de vue offre cependant une vue bien dégagée sur le Mont Fuji et les environs. C’est aussi le point de départ d’une promenade dans les bois, très mal balisée mais assez sympa à faire, qui permet de redescendre en ville en à peine un peu plus d’une heure.

A son terme, on tombe pile sur un arrêt de bus. Il y a en effet des navettes qui partent de la gare pour faire le tour du lac et s’arrêter aux différents points de vue. On m’avait conseillé le parc Oishi pour contempler au mieux le Mont Fuji et c’est donc que je suis descendu. L’endroit était une fois encore assez touristique, ce qui était assez prévisible, mais le panorama, avec le lac en premier plan, est assez incroyable.

Les abords du lac accueillent un petit jardin botanique, sans doute assez agréable en été. Je suis resté là à profiter de la vue jusqu’à la fin de l’après-midi, en me réjouissant d’être quasi seul sur place. Avec les conditions sanitaires, il n’y avait à peine qu’une dizaine de personnes à avoir fait le déplacement. C’est généralement beaucoup plus fréquenté. Mais même si j’avais été entouré de dizaines de touristes, je pense que j’aurais tout de même été subjugué par la splendeur du Fuji-San.

Aussi abordé dans l’épisode

  • Le Musée Ghibli : on peut aussi prendre le train pour aller découvrir l’univers du studio d’animation Ghibli. Prenez garde à bien réserver vos places au moins un mois à l’avance. Il y a une possibilité d’acheter vos places en ligne, mais elles partent très vite. N’hésitez pas à vous lever au milieu de la nuit pour réserver.
  • Alternative à Nikko : le Mont Takao. De belles promenades en perspectives, avec des temples et sanctuaires.
  • Jigokudani, le parc des singes. Depuis Tokyo, il faut compter près de trois heures pour s’y rendre et le lieu est très fréquenté par les touristes en hiver, puisqu’on peut voir les singes se baigner dans les sources chaudes. Qui ne voudrait pas assister à ce spectacle digne d’un film d’Ozu ?

J’espère que vous aurez apprécié ce dix-neuvième épisode de Partir Un Jour. Si c’est le cas, je vous invite à vous y abonner sur Apple Podcasts ou via votre application de podcasting préférée sur Android. Vous pouvez aussi nous écouter sur Spotify ou Deezer ! Enfin, n’hésitez pas à me poser vos questions en commentaire ou à y partager vos propres conseils de visite !

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