Au nord de l’Italie, le nom de Vérone évoque à lui seul le romantisme. Réputée pour son riche patrimoine culturel et son atmosphère enchanteresse, celle qu’on surnomme la « ville de l’amour » est forcément associée à l’histoire tragique de Roméo et Juliette, merci Shakespeare. Une bonne raison en soi d’y passer une journée ? J’avoue que j’avais quelques doutes. En premier lieu, j’avais peur de la foule. Vérone attire chaque année des millions de visiteurs et je n’avais pas vraiment envie de me retrouver à jouer des coudes, surtout lors d’un roadtrip en famille (avec poussette !).
Mais je voulais absolument aller voir le Lac de Garde et, puisque j’étais d’office à proximité, j’ai décidé d’en profiter pour m’arrêter à Vérone, le temps d’une journée.
Si la région vous intéresse, Vérone et Sirmione sont au cœur du vingt-troisième épisode de Partir Un Jour, le podcast voyage que j’anime en compagnie d’Aurélie, du blog Saut de Puce.

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Arène-moi si tu peux
Classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, Vérone cache bien son jeu. Il faut entrer dans son centre par l’un de ses ponts pour découvrir ses rues pavées, ses artères labyrinthiques et son architecture médiévale. Fondée par les romains, Vérone garde de multiples traces de cet héritage, de manière assez évidente : il suffit d’arriver sur la Piazza Brà pour se retrouver face aux arènes de Vérone. Construites en l’an 30 après JC, avant même le Colisée de Rome, il s’agit du 4e plus grand amphithéâtre romain d’Italie.
Quand j’y suis arrivé, en milieu de matinée, la file pour y entrer s’étendait tout le long de son mur, en plein soleil. Sur le moment, je me suis dit que ça ne valait pas la peine d’attendre, surtout avec des enfants, et qu’il valait mieux aller voir autre chose. Quand je suis repassé devant, en fin d’après-midi, il y avait beaucoup moins de monde, et j’ai pu pénétrer à l’intérieur en une dizaine de minutes. Si vous voulez donc éviter d’attendre trop longtemps, essayez d’y aller tôt ou plus tard dans la journée.
C’est impressionnant de voir un tel édifice aussi bien conservé, avec ses blocs de marbre rose patinés par le temps. À l’intérieur, la visite est assez limitée, puisqu’il n’y a que quelques panneaux explicatifs. Les combats de gladiateurs ont laissé place aux opéras et si c’est quelque chose qui vous parle, assister à l’un d’eux est peut-être la meilleure manière de profiter de l’endroit. Pour ma part, je me suis contenté de grimper au sommet des rangs pour avoir une vue panoramique sur l’amphithéâtre. Avec les enfants, ça constituait un défi à la fois ludique et sportif, et la vue en valait la peine.
Autre site emblématique de Vérone, la Piazza delle Erbe, plus ancienne place de la ville, se trouve à l’emplacement de l’ancien forum romain. Au-delà de son marché animé, on peut y admirer le Palazzo Maffei, avec sa façade ornée de statues et de bas-reliefs, la colonne de Saint-Marc avec son lion ailé ou encore la Fontaine Madonna qui représente la Vierge Marie.
Comme il y avait beaucoup de monde, je ne m’y suis pas attardé, et c’est l’objet d’un petit regret : je ne me suis pas renseigné pour monter en haut de la Torre dei Lamberti qui, avec ses 358 marches (ou un ascenseur pour un euro de plus), surplombe la place et doit offrir un magnifique point de vue sur Vérone.
Du monde au balcon
La Casa di Guilietta, la fameuse maison de Juliette, a été une petite déception. Je n’en attendais rien et j’ai quand même été déçu, dirait Dewey dans Malcolm. Cette maison a été construite au XIIe siècle et a appartenu à la famille Dal Cappello, mais le balcon qu’on trouve sur sa façade est un rajout moderne ! Je rappelle que Roméo et Juliette sont des personnages fictifs et, même si leurs familles respectives auraient été inspirées de familles réelles, le lieu n’a pas de réelle valeur historique.
L’accès à la cour de la maison est gratuite, ce qui explique sans doute qu’elle était noire de monde lors de notre venue. Si vous voulez voir l’intérieur de la maison, et accéder au balcon, il faudra par contre passer à la caisse et faire la file. J’en suis resté à la cour, où on peut d’ailleurs observer une statue de Juliette, dont le sein gauche est légèrement marqué : les visiteurs le touche dans le but d’obtenir amour éternel et fécondité (c’est réservé aux femmes normalement, mais les hommes sont manifestement très inquiets quant à leur fécondité).
Si on trouve aussi à Vérone la (soi-disant) maison de Roméo, celle-ci ne se visite pas et ne propose qu’une plaque sur laquelle a été inscrite une citation de Shakespeare. Je passe aussi sur l’ancien Convento di Francesco al Corso, datant de 1230, où les amants seraient morts, ainsi que sur la (fausse) tombe de Juliette, une mise en scène datant de 1937.
Délaissant la fiction (quoique), j’ai préféré visiter le Duomo de Vérone, à savoir la Cathédrale Santa Maria Matricolare. Avec ses hautes arches gothiques et ses chapelles riches en décorations type Renaissance, la visite est sympathique si on est sensible aux décorations généreuses des églises italiennes (c’est mon cas). La pièce maîtresse est l’Assomption de la Vierge de Titien, à retrouver dans l’espace de l’autel.
La cathédrale comprend aussi le Baptistère de San Giovanni in Fonte, célèbre pour sa cuve baptismale octogonale taillée dans un seul bloc de marbre, et l’église de Sant’Elena, qui abrite des fragments des toutes premières basiliques chrétiennes de Vérone. Mais le plus étonnant reste l’os de baleine qu’on trouve pendu dans la Cathédrale. D’après le prospectus du Duomo, il serait visiblement de coutume de mettre un os d’un grand animal pour évoquer la lutte du bien contre le mal, mais c’est la première fois que je voyais ça. Une vraie curiosité.
Adagio au bord de l’Adige
L’Adige, c’est le fleuve qui traverse Vérone, encerclant presque son centre historique. Plusieurs ponts permettent de le traverser et les deux que j’ai emprunté étaient particulièrement dignes d’intérêt.
D’abord, le Ponte Pietra (littéralement le Pont de pierre), bâti à la même époque que les arènes de Vérone. Au fil des siècles, le pont a subi plusieurs destructions et reconstructions, mais il reste un symbole de Vérone. Au départ, je l’ai franchi dans le but d’aller voir l’amphithéâtre romain qui fait face à l’Adige. Il abrite aujourd’hui un musée d’Archéologie et peut donc se visiter, mais avec la poussette, ça ne nous a pas semblé très praticable.
De là aussi, on trouve un funiculaire pour monter jusqu’au Castel San Pietro – ce que je n’ai pas fait, mais il semble que ce soit une autre manière de surplomber la ville et de profiter ainsi d’une jolie vue.
Je me suis contenté de rebrousser chemin et de me perdre dans les rues de Vérone jusqu’à arriver en vue des remparts du Castelvecchio, une véritable forteresse tout en brique rouge. Construit au XIVe siècle par la puissante famille Scaligeri, ce château fort servait autrefois à défendre la ville. Depuis, le Castelvecchio a lui aussi été transformée en musée municipal d’art et d’histoire, et il expose à présent une collection de peintures et sculptures religieuses, avec des œuvres d’artistes renommés tels que Pisanello et Rubens.
Collé au château, le pont Scaliger est fait de la même brique et relie le château aux rives de l’Adige. Tout comme le Pont de pierre, il a été détruit par les Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale, avant d’être reconstruit à l’identique. Je l’ai trouvé encore plus pittoresque que le ponte Pietra, et c’est en le traversant que s’est terminée ma journée à Vérone.
Est-ce qu’un jour était suffisant pour visiter la ville ? A part la Tour des Lamberti ou le point de vue du Castel San Pietro, j’ai eu l’impression d’avoir vu tout ce que Vérone avait à offrir. Si, par contre, l’intérieur des musées vous intéresse ou si vous voulez faire la visite de l’ensemble des lieux liés à Roméo et Juliette, vous devrez peut-être prévoir deux jours sur place.
M-m-m-my Verona
La situation géographique de Vérone la rend facilement accessible pour des excursions d’une journée à partir de grandes villes comme Venise et Milan. Si vous venez en voiture, je n’ai pas cherché après un parking gratuit, je doute que ça existe, mais il y a par contre de nombreux parkings payants (comptez environ 20 euros pour une journée sur place). De mon côté, j’ai opté pour le Parcheggio Saba Arsenale.
Le système de transport public de la ville semble bien organisé, entre ses bus et son petit train touristique, mais j’ai tout fait à pied.
Attention, beaucoup de choses sont fermées le lundi, donc privilégiez peut-être un autre jour de la semaine pour vos visites.
Pour explorez davantage Vérone ou découvrir Sirmione, je vous renvoie au vingt-troisième épisode de Partir Un Jour. Pourquoi ne pas vous abonner au podcast sur Apple Podcasts, Spotify ou Deezer ? Enfin, n’hésitez pas à me poser vos questions en commentaire ou à y partager vos propres expériences !















